Haïti déclare mener une lutte acharnée contre la corruption

 Le Président de la République d’Haïti, Jovenel Moïse, a déclaré jeudi devant l’Assemblée générale des Nations Unies que son gouvernement ne ménageait aucun effort pour consolider la démocratie et l’Etat de droit dans le pays et menait une lutte acharnée contre la corruption.

 

 

« Le gouvernement haïtien, sans ambages, s’attaque à la corruption, la surfacturation dans les contrats publics, l’utilisation abusive des biens de l’Etat, les chèques d’employés fictifs facilités par des corrupteurs et des corrompus », a dit M. Moïse dans un discours au débat général de l’Assemblée générale. « Le nouveau leadership haïtien mène une lutte acharnée contre la corruption ».

Il a ajouté que s’agissant de l’administration publique, le gouvernement travaille au renforcement des institutions républicaines pour mieux fournir aux citoyens l’accès aux services publics.

« Cette politique se concrétise par la Caravane du Changement, une stratégie conçue pour fournir l’électricité 24 heures sur 24 à l’aide des énergies propres ; reboiser le pays ; gérer l’eau de surface ;

irriguer les terres agricoles ; curer les rivières, qui constituent une menace environnementale ; et combler le déficit de logements et de douze mille salles de classes », a dit le Président haïtien.

S’agissant de l’Etat de droit, il a précisé que les mesures visent à garantir l’indépendance et à accroître l’efficacité de l’appareil judiciaire ; renforcer la lutte contre la corruption, la contrebande et l’impunité :

renforcer la sécurité publique, par l’amélioration continue des capacités de la police nationale, parallèlement à la remobilisation en cours des forces armées d’Haïti.

 

M. Moïse a souligné qu’après le départ, par étape, de la Mission des Nations Unies dans le pays (MINUSTAH), Haïti mettra en place une force militaire pour accomplir trois missions :

une unité de génie capable de contribuer aux grands travaux d’infrastructure, et qui peut intervenir après les catastrophes naturelles ; une unité d’aviation capable de former des jeunes en mécanique aéronautique et en pilotage d’aéronef et d’hélicoptère suite aux catastrophes naturelles ; une unité médicale capable de soigner les victimes de catastrophes naturelles et de soigner les résidents des endroits les plus reculés.

Tout en remerciant « vivement » l’ONU pour son engagement en Haïti, le Président haïtien a rappelé « deux situations fort regrettables qui ont résulté de sa présence dans le pays : d’une part, les actes odieux d’exploitation et de violence sexuelle commis par certains soldats de la paix ou d’autres membres du personnel ; et, d’autre part, l’introduction de l’épidémie de choléra en Haïti ».

« L’amélioration du système de santé, notamment l’éradication du choléra, constitue l’une des priorités du gouvernement haïtien. Malgré les récents progrès enregistrés, la liste des victimes, autour de 10.000, de cette épidémie continue malheureusement de s’allonger », a-t-il ajouté.

« Le moment est donc venu pour I’ONU de donner tout son sens a ses nobles idéaux, fondamentalement basés sur le respect des droits humains, en prenant toutes ses responsabilités dans une situation qui a causé de graves préjudices au peuple haïtien.

 

II est grand temps que soient honorés les engagements pris par I’ONU en vertu de la nouvelle approche préconisée par le Secrétaire général, et que l’Assemblée générale a approuvée, dans la lutte contre l’épidémie du choléra ».

« Nous nous associons donc à l’appel urgent lancé par le Secrétaire général António Guterres pour la dotation du Fonds d’affectation spéciale, en vue de la mise en œuvre intégrale des deux volets de ladite nouvelle approche », a encore dit le Président haïtien.

 

 

Il a également salué la décision de l’Assemblée générale de réaffecter une enveloppe de 40,5 millions de dollars provenant du budget 2015-2016 de la MINUSTAH à la lutte contre cette épidémie.

 

 

S’agissant de la lutte contre le changement climatique, M. Moïse a souhaité que les pays émetteurs de gaz à effet de serre « contribuent des ressources nécessaires à la mise en œuvre effective de l’Accord de Paris » sur le climat.

« Ces pays victimes, dont la République d’Haïti, ne disposent pas de ressources supplémentaires pour répondre, de façon adéquate, aux conséquences dramatiques du changement climatique », a-t-il ajouté.

 

Le Président haïtien a lancé un appel « pour une augmentation de la couverture d’assurance contre les ouragans et autres catastrophes naturelles ».

 

« Les petits pays de la Caraïbe, qui sont caractérisés par un espace économique sévèrement limité, nécessitent un régime d’assurance qui est proportionnel à la menace », a-t-il encore dit.