Iraq : des villes ravagées par la guerre cherchent à recycler les gravats avec le soutien de l’ONU

Face aux énormes quantités de gravats générées par conflit avec Daech, les autorités de plusieurs villes de l’ouest de l’Iraq se sont réunies la semaine dernière pour discuter des possibilités de créer des centres de recyclage afin de faire progresser les efforts de reconstruction.

 

Lors d’un atelier organisé par le gouvernorat d’Anbar à Ramadi, en collaboration avec le ministère iraquien de la Santé et de l’Environnement et avec le soutien technique d’ONU Environnement, les participants ont discuté d’options plus durables pour traiter ces énormes quantités de gravats.

 

Des représentants des villes de Ramadi, Haditha, Hit, Qaim et Kubaisa, dans la région du Haut Euphrate en Iraq, ont souligné les problèmes majeurs auxquels ils continuent de faire face pour éliminer ces gravats. Le manque d’équipement et des budgets inadéquats constituent ainsi des contraintes majeures. Alors que la plupart des gravats dans les rues ont été enlevés, beaucoup des gravats restant à traiter proviendront de la démolition de bâtiments.

Selon des estimations préliminaires établies par la municipalité de Ramadi, environ trois des sept millions de tonnes de gravats ont été retirés avec l’appui du Mécanisme de financement pour la stabilisation immédiate du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

 

 

 

 

L’élimination des gravats est compliquée par des niveaux de contamination exceptionnellement élevés dus à des munitions non explosées. « À ce jour, plus de 20.000 engins explosifs proviennent de la seule ville de Ramadi », a déclaré un chef de district de Ramadi, Ibrahim Al-Awsaj. La formation et la mise en place de procédures claires pour traiter les explosifs se trouvant dans les gravats constituent une condition préalable essentielle au déblayage des décombres.

« Les gravats continuent d’être ramassés et déversés de manière incontrôlée, ce qui crée de graves risques pour la santé et l’environnement, ainsi que de lourdes responsabilités économiques pour l’avenir », a déclaré Qais Abd, chef de la direction de l’environnement pour le gouvernorat d’Anbar.

M. Abd a ajouté que « de futures campagnes pour éliminer les gravats déversés au hasard pourraient être nécessaires », ce qui entraînerait des coûts supplémentaires pour les autorités locales aux prises avec des difficultés financières.

Soulignant que de nombreuses autres villes font face à des défis similaires, Martin Bjerregaard, expert à ONU Environnement, a déclaré qu’il existait une expérience considérable acquise ailleurs, susceptible d’informer les efforts de gestion des gravats dans le gouvernorat d’Anbar. « Nous ne partons pas de zéro ici », a déclaré M. Bjerregaard, faisant référence aux enseignements tirés de la ville de Mossoul ainsi que de la Syrie, du Liban et des Philippines.

L’atelier a également mis en lumière les efforts du Mécanisme de financement pour la stabilisation immédiate du PNUD et de l’Organisation internationale pour la migration (OIM) visant à établir des centres de recyclage des gravats à Mossoul avec les conseils techniques de ONU Environnement. Cette initiative contribuera à créer des emplois indispensables grâce à des programmes ‘argent contre travail’.