L’UNESCO lance un projet visant à préserver le lac Tchad

Renforcer les connaissances sur le lac Tchad, restaurer les zones humides, réhabiliter les corridors de migration de la faune sauvage, promouvoir les activités génératrices de revenus durables : tels sont quelques-uns des aspects du projet visant à préserver le lac Tchad, présenté par l’UNESCO, dans le cadre de la Conférence internationale sur le lac Tchad, organisée du 26 au 28 février à Abuja, au Nigéria.

 

Baptisé BIOPALT (BIOsphère et PAtrimoine du Lac Tchad), ce projet a été lancé par la Directrice générale de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), Audrey Azoulay, lors d’un événement organisé le 26 février.  Financé par la Banque africaine de développement pour une période de trois ans et mis en œuvre par l’UNESCO en partenariat avec la  la Commission du bassin du lac Tchad (CBLT) .

 

 

 

Ce projet dressera un état des lieux des ressources hydrologiques, naturelles, socio-économiques et culturelles du lac Tchad. Il vise aussi à renforcer les compétences locales en matière de protection des ressources naturelles et culturelles, à mener des actions pilotes de réhabilitation de certains écosystèmes et à promouvoir une économie verte.

En étroite concertation avec les populations locales, BIOPALT prévoit par exemple de contribuer à réhabiliter les corridors de migration de la faune sauvage, notamment des éléphants entre le Tchad, le Cameroun et le Nigéria, à préserver les oasis et à lutter contre l’assèchement des points d’eau.

Il s’emploiera aussi à développer les activités génératrices de revenus comme la production de spiruline, une algue verte traditionnellement récoltée par les femmes, et soutenir efforts en faveur de la préservation de la vache kouri, espèce emblématique et endémique du lac Tchad aujourd’hui menacée. 

Deux réserves de biosphère dans le bassin du lac Tchad

A terme, il s’agit aussi d’aider les pays riverains du lac Tchad à travailler ensemble pour remplir des critères de bonne gestion et de préservation des écosystèmes en vue de présenter la candidature du lac comme réserve de biosphère transfrontalière et comme site du patrimoine mondial.

Il existe à ce jour deux réserves de biosphère dans le bassin du lac Tchad : Waza (Cameroun) et Bamingui Bangoran (République centrafricaine) ainsi que deux sites du patrimoine mondial :  le Parc national du Manovo-Gounda St Floris (République centrafricaine) et les Lacs d’Ounianga (Tchad).

Le bassin du lac Tchad constitue une importante source d’eau douce qui fait vivre plus de 40 millions de personnes au Cameroun, au Niger, au Nigéria, en République centrafricaine et au Tchad. Entre 1960 et 1985, la pluviométrie a diminué et la superficie du lac s’est réduite de 95%, ce qui a eu un impact considérable sur les écosystèmes et l’économie de cette région.

La question de la préservation du lac Tchad est discutée entre la Commission du Bassin du Lac Tchad et l’UNESCO depuis 2011. L’Organisation intervient également dans la région à travers le Programme hydrologique international (PHI) qui a notamment mis en œuvre un projet de gestion des ressources en eau souterraine du bassin (1997-2004).