MSF: suspend les opérations de sauvetage en mer Méditerranée

Médecins sans frontière (MSF) suspend ses opérations de sauvetage en mer Méditerranée. C’est une réaction à la circulaire des autorités libyennes qui veulent restreindre l’accès à leurs eaux internationales aux navires étrangers.

Loris De Filippi, président de l’ONG Medicins Sans Frontières Italie,

Ce document a été publié hier, il créé une très vaste zone maritime dans laquelle les bateaux étrangers n’ont plus le droit de naviguer sans autorisation.

L’organisation humanitaire a déclaré que le centre de coordination de sauvetage exploité par la Garde côtière italienne l’avait informé vendredi que les menaces libyennes posent un risque pour la sécurité. Le groupe a ajouté que les autorités libyennes ont déclaré leur propre zone de sauvetage, s’étendant dans les eaux internationales, le même jour.

MSF dit que son équipe médicale continuera à travailler à partir d’un navire exploité par un autre groupe d’aide tandis que son propre navire, Prudence, n’est pas impliqué dans des sauvetages de migrants. Le gouvernement italien a accepté le mois dernier d’envoyer une mission navale pour aider la garde côtière libyenne avec des patrouilles anti-contrebandiers.

 Des  milliers de demandeurs d’asile secourus, dont beaucoup fuient la pauvreté en Afrique, ont été mis en sécurité dans les ports italiens ces derniers temps.

L’état Libyen a également exercé des groupes de secours pour signer des règles qui les empêcheraient de pénétrer dans leurs eaux  pour sauver les migrants sans autorisation spécifique et exiger qu’ils acceptent que les autorités judiciaires italiennes armées puissent embarquer dans leurs bateaux.

L’état Italien exige que les groupes opérant des navires de sauvetage s’abonnent aux règles ou risquent de ne pas être autorisés à quitter les ports italiens. Médecins sans frontières a refusé d’approuver les règles, alors que d’autres groupes humanitaires ont donné leur approbation.

Certaines critiques disent qu’ils pourraient mettre la vie en danger en retardant les secours dans les eaux libyennes. Ils soutiennent également que si la garde côtière libyenne bloque les bateaux de contrebandiers, les migrants seront renvoyés dans des conditions inhumaines, y compris les coups et le travail forcé, dans les centres de détention en libye.

« Si les navires humanitaires sont expulsés de la Méditerranée, il y aura moins de navires prêts à aider les personnes avant qu’elles ne se noient », a déclaré le président Lorient De Filippi, dans un communiqué. « Et quiconque ne se noie pas sera intercepté et ramené en Libye, que nous savons être un lieu de légalité absente, de détention arbitraire et d’extrême violence ».

Une organisation humanitaire espagnol, Proactiva Open Arms, a déclaré que la garde côtière libyenne a ordonné à son bateau de secours de se déplacer vers le nord et a tiré des coups d’avertissement la semaine dernière lorsque le navire a été impliqué dans des travaux de recherche et de sauvetage en dehors du territoire de la libye.

Les ONG ont mis des navires en surveillance en mer Méditerranée en dehors des eaux territoriales de la Libye pour aider à sauver les migrants des bateaux de contrebandiers en détresse. La Garde côtière italienne coordonne les sauvetages, y compris ceux menés par des navires de guerre d’autres pays d’europe.

Le sentiment des anti-migrants a augmenté en Italie, où les nouveaux arrivants d’Afrique et du Moyen-Orient sont accusés de crimes. L’agence de presse italienne ANSA a annoncé samedi que les autorités italiennes avaient délivré un mandat d’arrêt pour un homme somalien qui avait demandé l’asile en Sicile. Le demandeur d’asile a été identifié comme l’un des quelque 50 Somaliens recherchés pour le détournement de 2011 d’un pétrolier italien au large de la Somalie.

L’agence a rajouté que les empreintes digitales de l’homme étaient compatibles avec le revolver détourné. L’équipage de 22 personnes du navire a été retenu pour rançon pendant plusieurs mois. ANSA, citant des documents judiciaires, a déclaré que 11,5 millions de dollars ont été payés pour la libération du bateau en question.

Les ONG qui portent secours aux migrants sont donc particulièrement touchées par cette circulaire. MSF ne baisse pas les bras définitivement, mais l’organisation va demander des explications aux autorités de Tripoli et jusqu’à nouvel ordre donc, plus d’opération de sauvetage.

 

Françoise Bouchet-Saulnier, la directrice juridique de l’ONG, qui gère le navire Prudence.