CERN : Les accélérateurs se réveillent

2 mai 2017

 

Comme un ours sortant de son hibernation, les grandes machines du CERN se réveillent progressivement après l’arrêt technique hivernal prolongé (EYETS). Les premiers faisceaux de 2017 doivent circuler dans le Grand collisionneur de hadrons (LHC) début mai, mais il faut d’abord que la chaîne d’accélérateurs et l’ensemble des expériences auxquelles la machine fournit des faisceaux soient successivement remises en route.

Pendant la première semaine d’avril, l’Accélérateur linéaire 2 (Linac 2), point de départ des protons utilisés dans les expériences du CERN, a accéléré avec succès son premier faisceau de protons et l’a préparé à être envoyé au Booster du synchrotron à protons (PSB).

Le 10 avril, le PSB a lui aussi été redémarré. Second maillon de la chaîne, le PSB fait augmenter l’énergie du faisceau reçu du Linac 2 et l’envoie soit au Synchrotron à protons (PS) soit à l’installation ISOLDE (Online Isotope Mass Separator facility).

L’installation ISOLDE a acquis un savoir-faire unique dans le domaine des faisceaux radioactifs. Plus de 700 isotopes de plus de 70 éléments ont été utilisés dans une grande variété de domaines de recherche : des études de pointe sur la structure nucléaire, physique atomique, astrophysique nucléaire, interactions fondamentales, mais aussi physique du solide et sciences de la vie.L’étape suivante consiste à refaire fonctionner le Synchrotron à protons (PS), le 13 avril. C’est le plus ancien accélérateur encore en service, et actuellement le troisième maillon de la chaîne d’accélérateurs. Il porte les faisceaux à des énergies encore plus élevées et les envoie au Supersynchrotron à protons (SPS), dernier élément de la chaîne avant le LHC, ou à l’installation n_TOF, qui étudie le temps de vol des neutrons.

Le but de l’expérience n_TOF est d’étudier les interactions neutron-noyau, qui jouent un rôle clé dans les processus liés aux neutrons. Ces interactions sont importantes dans de nombreux domaines, qu’il s’agisse de l’astrophysique, de l’hadronthérapie (traitement des tumeurs au moyen de faisceaux de hadrons), ou du développement de processus de traitement des déchets nucléaires.