28 avril 2017

 

À la veille d’une conférence majeure d’annonces de contributions pour répondre à la crise au Yémen, le HCR avertit que l’aggravation du conflit pourrait encore déraciner près d’un demi-million de personnes.

Hadiya, une grand-mère yéménite déplacée. Aden, Yémen.

ADEN, Yémen – Depuis que les bombardements et les tirs d’artillerie l’ont chassée de chez elle l’an dernier, Hadiya campe dans un bâtiment en construction de cette ville portuaire avec ses 15 enfants et petits-enfants.

« Notre vie est brisée », déclare cette grand-mère yéménite en constatant leur existence désespérée depuis qu’ils ont fui le gouvernorat de Taëz sur la mer Rouge. « La seule chose que nous voulons, c’est vivre dignement et en sécurité. Nous ne voulons rien d’autre. »

Cet espoir semble lointain. À mesure que le conflit s’intensifie sur la côte ouest du Yémen, le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, se prépare pour une nouvelle vague de déplacés, comme Hadiya et sa famille, de l’ordre d’environ 500 000 personnes.

Depuis le début de la guerre, les hostilités à Taëz ont déjà déplacé près de 50 000 personnes, un chiffre qui vient s’ajouter aux trois millions de déracinés dénombrés depuis le début du conflit au Yémen en 2015, dont deux millions sont toujours déplacés tandis qu’ils sont un million à être temporairement rentrés où leur situation est précaire.

« La seule chose que nous voulons, c’est vivre dignement et en sécurité. Nous ne voulons rien d’autre. »

Le HCR et les agences humanitaires craignent toutefois que la récente intensification des opérations militaires dans les gouvernorats de Taëz et d’Al Hudaydah ne génère une nouvelle vague de déplacements, avec potentiellement un demi-million de déracinés qui viendraient exacerber la grave crise humanitaire qui sévit déjà au Yémen.

« Le Yémen est aspiré dans une spirale de chaos et de souffrance », a déclaré Ayman Gharaibeh, Représentant du HCR pour le Yémen. « Comme nous avons reçu moins de 10 pour cent des financements demandés pour l’action humanitaire, nous sommes confrontés à des choix douloureux et obligés d’établir des priorités dans notre assistance et nos programmes. »

Ce cri d’alarme intervient alors que les Nations Unies se préparent à tenir une conférence de haut niveau pour l’annonce de contributions humanitaires en réponse à la crise au Yémen. Co-organisée par les gouvernements de la Suisse et de la Suède, cette conférence se tiendra mardi à Genève.

Le HCR avertit qu’une intensification du conflit à Al Hudaydah provoquera des déplacements massifs qui viendront encore accroître les besoins et les vulnérabilités dans une zone qui abrite déjà une importante population de déplacés confrontés à une grave insécurité alimentaire.

5 informations clés sur la crise au Yémen (en anglais)

Si les hostilités s’intensifient à Al Hudaydah, le HCR s’attend à devoir faire face à un afflux de déplacés qui pourrait se chiffrer entre 100 000 et 500 000 personnes. Ces estimations résultent des travaux d’un groupe de travail technique, le Groupe de travail spécial sur les mouvements de population, qui est co-dirigé par le HCR et l’Organisation internationale pour les migrations au Yémen.

En prévision des nouveaux déplacements, le HCR mobilise des approvisionnements sur place pour répondre aux besoins des personnes affectées. Si ses craintes se concrétisent, il travaillera en collaboration avec ses partenaires pour établir des centres de services multisectoriels le long des principales voies de déplacement.

Les personnes qui fuient les violences pourront y trouver quelque répit. Le HCR distribuera des kits de secours et offrira des services essentiels de protection. Aux lieux de destination finale des déplacés, il fournira également des abris d’urgence et des articles ménagers de première nécessité, notamment des matériaux de construction, des bons alimentaires, une aide financière ou des allocations en espèces pour payer les loyers, selon les besoins.

Quelle que soit sa forme, cette assistante est capitale pour les familles déplacées, comme celle de Hadiya, qui n’ont rien pu emporter de leurs possessions et n’imaginent pas de rentrer chez elles tant que les combats font rage.

« Après tout ça, je ne peux pas rentrer à Taëz, » dit Hadiya. « Aden, c’est chez moi maintenant. »