Yémen : les pourparlers en Suède aboutissent à un cessez-le-feu à Hodeïda

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a salué jeudi l’annonce d’un cessez-le-feu entre les belligérants yéménites dans et autour du port clé d’Hodeïda.

 

L’accord, conclu lors des pourparlers organisés en Suède, doit permettre d’améliorer la vie de millions de personnes, a dit le chef de l’ONU.

Le Secrétaire général s’est rendu à Stockholm au dernier jour des pourparlers menés sous l’égide de son Envoyé spécial pour le Yémen, Martin Griffiths. Des pourparlers organisés pour sortir le peuple yéménite de la plus grave crise humanitaire au monde.

« L’avenir de Yémen est entre vos mains », a déclaré M. Guterres aux parties présentes en Suède. « Vous avez conclu un accord sur le port et la ville d’Hodeïda qui prévoit un redéploiement mutuel des forces du port et de la ville, ainsi que l’établissement d’un cessez-le-feu à l’échelle du gouvernorat », a-t-il déclaré, soulignant que l’ONU jouerait « un rôle de premier plan » en ce qui concerne le port.

« Cela facilitera l’accès humanitaire et la circulation des marchandises vers la population civile. Cela améliorera les conditions de vie de millions de Yéménites », a-t-il souligné.

Près de quatre ans après l’escalade des hostilités entre le gouvernement du Yémen et le mouvement d’opposition houthi, appelé officiellement Ansar Allah, plus de 24 millions de personnes, soit les trois quarts de la population, ont besoin d’une forme d’assistance ou de protection.

Au Yémen, quelque 20 millions de personnes souffrent d’insécurité alimentaire et 10 millions de ces personnes ne savent pas d’où viendra leur prochain repas.

Tout en notant que des « questions en suspens » n’ont pas encore été résolues, le chef de l’ONU a déclaré que les représentants du gouvernement du Yémen, reconnu au niveau international, et de l’opposition avaient réalisé de « réels progrès » qui avaient donné « plusieurs résultats importants ».

Ceux-ci incluent une « compréhension réciproque visant à améliorer la situation à Taizz », a déclaré M. Guterres, en référence à la troisième ville du pays. « Nous espérons que cela mènera à l’ouverture de couloirs humanitaires et à la facilitation du déminage », a-t-il ajouté.

S’agissant de la question précédemment convenue d’un échange massif de prisonniers, le Secrétaire général a noté que les deux délégations avaient établi un calendrier et fourni des détails supplémentaires sur le moment où cela pourrait se produire.

Cela permettrait « à des milliers – je répète, des milliers – de Yéménites de retrouver leurs familles », a déclaré M. Guterres, aux côtés Martin Griffiths.

Percée sur le cadre des discussions

Dans l’attente d’une nouvelle réunion entre les deux parties au début de l’année prochaine, le chef de l’ONU a insisté sur le fait qu’il avait été convenu d’une autre « étape très importante pour le processus de paix », à savoir la volonté de discuter d’un cadre de négociation.

« Vous avez accepté de vous réunir à nouveau pour continuer à discuter de cette question fin janvier lors du prochain cycle de négociations », a déclaré M. Guterres, ajoutant qu’il s’agissait d’un « élément essentiel » d’un futur règlement politique mettant fin au conflit.

« Nous avons une meilleure compréhension des positions des parties », a-t-il ajouté, notant leur « engagement constructif », tout en remerciant les gouvernements saoudien, omanais et koweïti pour leur « soutien concret » ayant permis la tenue de la réunion.

Se félicitant de l’annonce du cessez-le-feu sur Hodeïda, le Programme alimentaire mondial (PAM) a souligné que le port de la mer Rouge était « essentiel » pour l’entrée d’environ 70% des besoins humanitaires du Yémen et 90% de ses importations commerciales.

« Tout progrès vers la paix est un progrès, dans la mesure où il aide le peuple yéménite qui a tant souffert de ce conflit », a déclaré le Directeur exécutif du PAM, David Beasley, soulignant que le Yémen avait avant tout besoin d’une paix durable.

« L’annonce d’aujourd’hui nous donne l’espoir que les travaux du Programme alimentaire mondial visant à nourrir 12 millions de Yéménites gravement affamés seront facilités dans les semaines et les mois à venir », a dit M. Beasley.

En raison du conflit, les importations arrivant sur les quais d’Hodeïda avaient diminué environ de moitié, a déclaré le porte-parole du PAM, Hervé Verhoosel.

« En novembre, notre objectif dans le gouvernorat d’Hodeïda était d’atteindre 800.000 personnes ayant besoin d’une aide alimentaire. Ce cessez-le-feu nous aidera évidemment dans nos activités quotidiennes car la région est l’une des priorités du PAM », a-t-il dit.