Espagne, l’extrême droite s’introduit en Andalousie. Effondrement des socialistes

Aux élections régionales, les nationalistes de Vox volent à 12%. La gauche pour la première fois ne régnera pas à Séville. 

 

Durant des années, on a dit que l’Espagne était à l’abri de l’irruption de l’extrême droite, qui s’était répandue dans toute l’Europe. 

Une réalité qui trouve ses premiers démentis: en Andalousie, la Communauté autonome la plus peuplée du pays, bastion de la gauche, le parti nationaliste Vox est entré pour la première fois dans le parlement régional avec un résultat d’environ 11%, soit l’équivalent de 12 places. Un boom attendu, même dans ces proportions, pour un mouvement qui n’a jamais eu de représentants dans les assemblées locales ou nationales.  

Dans le pays gouverné depuis 36 ans par la gauche, le PSOE marque une défaite retentissante (14 sièges perdus), tout en restant le premier parti de la région avec 28%. Pour la présidente sortante Susana Díaz, le challenger de Pedro Sánchez au sein du parti, il semble impossible de rester au pouvoir, également parce que Podemos, qui perd trois sièges, demande sa tête. Dans la nuit, les cartes sont comptées et il y a une note historique: dans l’étable des vœux socialistes, elle peut maintenant régir la droite. 

 

Vox bouleverse également le front conservateur: le Parti populaire perd des voix et se termine juste au-dessus de 20%, perdant 7 sièges, se développe Ciudadanos, ce qui augmente considérablement sa représentation parlementaire (de 9 à 21 sièges). 

Maintenant, le dilemme s’ouvre pour la droite: les conservateurs seront-ils d’accord avec les extrémistes ? Personne ne l’a exclu pendant la campagne électorale et les négociations vont commencer à partir d’aujourd’hui.  

Mais au-delà du destin de l’Andalousie, le vote d’hier est un signal d’alarme sérieux pour Pedro Sánchez. Le leader socialiste gouverne depuis six mois sans véritable majorité au Parlement et son premier test électoral n’est certainement pas un succès. 

 

Un scénario compliqué s’ouvre pour l’exécutif de gauche

Impossibilité de poursuivre un objectif financier (critiqué par Bruxelles) et une faiblesse parlementaire de plus en plus évidente, le défi de l’indépendance en Catalogne étant toujours d’actualité. 

Au final, la situation pourrait conduire à des élections politiques anticipées. Quand ? Il est difficile de trouver une date pour le blocage des rendez-vous: le 26 mai, le même jour, ils votent pour les municipalités européennes, régionales (dans de nombreuses communautés autonomes) et communes. 

Ajouter des politiques pour un méga jour d’élection semble également une solution complexe. Donc, à Madrid, personne n’exclut qu’ils puissent aller aux urnes avant mai.