Le HCR évacue par avion 132 réfugiés détenus en Libye

La dernière évacuation de réfugiés vulnérables retenus dans les centres de détention libyens, vers d’autres solutions au Niger, porte le nombre total d’évacués à presque 2.500 en un an.

 

TRIPOLI, Libye – Sa carte d’embarquement à la main et incapable de contenir son excitation, Abdul Karim arborait un large sourire jeudi, en attendant d’embarquer à bord de l’avion qui le mènerait, lui et 131 autres réfugiés, de Tripoli à Niamey, la capitale du Niger.

« Ma vie commence aujourd’hui », a dit ce réfugié somalien, retrouvant tout à coup l’espoir d’une vie meilleure. « Je veux faire des études et travailler dur pour faire changer les choses dans le monde. Je veux participer activement à la vie de la société. »

Un an après le lancement de cette opération, vitale pour les réfugiés et demandeurs d’asile vulnérables, le HCR – l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés – a évacué près de 2.500 personnes détenues en Libye, vers le Niger, l’Italie et la Roumanie

L’évacuation de jeudi dernier a permis à 132 réfugiés et demandeurs d’asile, dont des femmes et des enfants, de s’envoler de Tripoli pour rejoindre le Niger. Au Niger, ils seront pris en charge dans le cadre du Mécanisme de transit d’urgence du HCR jusqu’à ce que des solutions de long terme soient mises en place pour eux.

En Libye, Abdul Karim et les autres évacués étaient retenus dans les centres de détention de Triq Al Sikka et d’Abou Salim. Quarante et un des évacués d’hier étaient des enfants non accompagnés. La plupart d’entre eux étaient détenus après avoir été interceptés ou secourus en mer lors de tentatives de traversée entre la Libye et l’Europe.

« En Libye, les réfugiés sont confrontés à un scénario cauchemar. Ils ont fui leurs foyers en quête de sécurité et de protection, et se retrouvent incarcérés, croupissant pendant une durée interminable dans des conditions sordides », a expliqué Roberto Mignone, le chef de mission du HCR en Libye. 

« En Libye, les réfugiés sont confrontés à un scénario cauchemar. »

Malgré les défis énormes posés par les mauvaises conditions de sécurité et les restrictions de mouvements pour de telles opérations d’évacuation, le HCR a pu en réaliser 23 depuis novembre 2017.

En dépit de l’instabilité persistante, la Libye reste l’un des principaux pays de transit pour ceux qui fuient les conflits et l’instabilité dans d’autres parties de l’Afrique et du Moyen-Orient.

 

 

 

 

Lorsqu’il a fui l’insécurité dans sa Somalie natale il y a plus d’un an, Abdul Karim rêvait d’aller en Europe et de s’inscrire à l’université. Mais sa vie a rapidement tourné au cauchemar lorsqu’il s’est retrouvé pris au piège en Libye, notamment aux mains de passeurs sans scrupules puis dans un centre de détention de Tripoli, la capitale du pays.

Malgré son calvaire, Abdul Karim est toujours convaincu qu’il n’avait d’autre choix que celui de quitter la Somalie pour trouver une vie meilleure. « C’était le seul moyen d’être en sécurité et à terme d’aider ma famille », a-t-il expliqué.

Marharit, une réfugiée érythréenne de 28 ans, et sa petite fille de trois ans étaient également parmi les passagers du vol de jeudi. Elles ont passé deux ans en Libye, en détention et aux mains des passeurs. Marharit a expliqué que son seul objectif était de trouver refuge dans un pays sûr, où elle pourrait élever sa fille dans un monde en paix.

« Aujourd’hui, nous changeons de vie, ma fille et moi. Je suis très heureuse. »