Euronaval : la FTI, un système d’arme du futur à la pointe de la technologie

En 2013, le Livre blanc ordonne qu’à l’horizon 2030, 15 frégates devront armer la Marine nationale. Cette commande impacte directement l’arrivée d’une nouvelle frégate dans les forces, la frégate de taille intermédiaire (FTI).

La première de la série est actuellement commandée et devrait être livrée avant 2023. Ce projet ambitieux est le fruit de la collaboration de la Direction générale de l’armement, Naval Group, Thalès et MBDA.

La frégate de taille intermédiaire (FTI) sera furtive avec un format plus petit et plus léger que les autres frégates. Elle aura tout de même une envergure de 120 mètres de long et pèsera 4.500 tonnes. La FTI accueillera un équipage permanent de 120 personnes et jusqu’à 150 « passagers ». Parmi eux, des commandos embarqueront probablement car la FTI a la capacité de recevoir deux embarcations commandos à usage multiple embarquables (ECUME).

 

Ce bâtiment a été pensé pour mettre en œuvre un hélicoptère NH-90 NFH et un drone aérien. Selon l’ingénieur en chef d’armement Grégory, qui a longuement travaillé sur ce programme, le système de drone aérien de la Marine (SDAM) est un vrai candidat mais il pourrait ne pas être le seul.

Une frégate armée pour intervenir sur tous les fronts

Ce bateau est « un bijou de technologie » si l’on reprend l’expression de la ministre des Armées lors de l’inauguration du salon Euronaval. Cette frégate du futur est l’exemple même de la polyvalence car elle interviendra sur toutes sortes de menaces, qu’elles soient aériennes, de surfaces ou sous-marines. 

La grande innovation de ce de la FTI se trouve dans l’armement de la lutte contre la menace anti-aérienne. C’est la première frégate à être équipée d’une seule mâture au milieu du bateau où se trouveront un radar numérique multifonction SEA FIRE à panneaux fixes (les autres bâtiments sont équipés de deux mâts avec des radars rotatifs).

Cette nouvelle technologie permettra une vision à 360° des radars mais aussi des autres capteurs dont il sera équipé.

Pour finaliser son équipement anti-aérien, 16 missiles d’intersection ASTER sont prévus à l’avant du bâtiment. La particularité est que le radar SEA FIRE combinera la détection de la menace et la mise à jour en temps réel de la trajectoire des missiles lancés.

Concernant les menaces de surface, la FTI sera dotée de 8 missiles Exocet MM40 block 3C et de canons de 76 mm. Petite nouveauté par rapport à ses grandes sœurs, la frégate sera dotée d’armes dites « non-létales ». C’est une nouvelle solution de guerre électronique passive qui, à l’aide de stimuli lumineux ou sonores, pourront dissuader leurs assaillants d’attaquer.

missiles Exocet MM40 block 3C

Enfin, la lutte sous-marine sera menée à l’aide de deux sonars de haute technologie : le sonar remorqué CAPTAS-4-COMPACT et le sonar de coque KINGKLIP Mk2. Ils détecteront la menace et déclencheront des leurres anti-torpilles pour détourner les offensives adverses. La frégate sera en mesure de répondre aux assauts sous-marins avec des torpilles Mu90.