Les députés demandent de mettre un terme à la vente d’armes à l’Arabie saoudite

Suite à l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, le Parlement européen appelle les pays de l’UE à s’unir et à imposer un embargo sur la vente d’armes à l’Arabie saoudite.

 

  • Une enquête internationale impartiale sur le meurtre de Jamal Khashoggi
  • Les pays de l’UE doivent imposer un embargo sur la vente d’armes à l’Arabie saoudite
  • Les États membres doivent se tenir prêts à imposer des sanctions ciblées, notamment des interdictions de visas et des gels d’avoirs

Dans une résolution adoptée jeudi, les eurodéputés condamnent avec la plus grande fermeté la torture et l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi en Turquie. Ils en appellent également à une enquête internationale impartiale sur sa mort, afin de savoir ce qui s’est réellement passé à l’intérieur du consulat saoudien d’Istanbul le 2 octobre et de traduire les responsables en justice.

Le texte note qu’il est peu probable que l’assassinat ait pu se produire sans que le prince héritier saoudien Mohammed bin Salmane ne le contrôle ou ne soit au courant.

Embargo de l’UE sur la vente d’armes à l’Arabie saoudite

Suite à cet assassinat brutal, la résolution réitère l’appel du Parlement européen à tous les gouvernements de l’UE visant à aboutir à une position commune afin d’imposer un embargo de l’ensemble de l’UE sur la vente d’armes à l’Arabie saoudite. Une demande similaire avait été faite par le Parlement le 4 octobre, au vu du rôle du pays dans la terrible guerre civile au Yémen.

Les eurodéputés appellent également la chef de la diplomatie de l’UE, Federica Mogherini, et les États membres à se tenir prêts à imposer des sanctions ciblées, notamment des interdictions de visas et des gels d’avoirs à l’encontre de ressortissants saoudiens, une fois que les faits auront été établis.

Le Parlement exhorte enfin les États membres à prendre l’initiative, lors de la prochaine réunion du Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève le 5 novembre, de soulever la question de l’adhésion au Conseil de pays, y compris l’Arabie saoudite, dont le bilan en matière de droits de l’homme est très discutable.

Contexte

Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi a été porté disparu après avoir pénétré dans le consulat d’Arabie saoudite à Istanbul le 2 octobre. Sa disparition a suscité une vague de soupçons dans le monde entier, beaucoup estimant qu’il a été torturé et assassiné brutalement par des agents saoudiens à l’intérieur du bâtiment, même si son corps n’a pas encore été retrouvé.

L’Arabie saoudite a dans un premier temps nié toute implication dans la disparition de Jamal Khashoggi, mais suite à une forte pression internationale, le pays a admis que le meurtre s’était produit dans l’enceinte du consulat. M. Khashoggi était connu pour critiquer le régime saoudien.

Le texte a été adopté par 325 voix pour, 1 contre et 19 abstentions.