Séisme à Sulawesi : le bilan monte à 1234 morts et des équipes de l’ONU ont été dépêchées sur le terrain

Le bilan du séisme suivi d’un tsunami qui a frappé l’île indonésienne de Sulawesi (appelé autrefois Célèbes) est passé de 844 morts à au moins 1234 morts, mardi.

 

« Le gouvernement indonésien a confirmé la mort de 1.234 personnes lors du tremblement de terre et du tsunami à Sulawesi et plus de 800 personnes sont gravement blessées », a déclaré mardi à Genève, le porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA).

 

 

 

 

Selon Jens Laerke, près de 100 personnes sont toujours portées disparues. Les morts pris au piège dans les décombres des bâtiments dévastés par le séisme de magnitude 7,5, sont également un motif d’inquiétude pour les autorités et les organismes humanitaires. « Il est probable que le nombre de victimes augmentera à mesure que plus de zones deviennent accessibles et des évaluations revues du gouvernement », a-t-il ajouté.

La catastrophe qui a frappé vendredi la localité de Palu, où vivent 350.000 habitants sur la côte occidentale des Célèbes, a aussi fait près de 62.000 déplacés hébergés provisoirement dans une centaine de sites. L’ONU, qui rapporte des données transmises par l’agence de gestion des catastrophes de l’Indonésie, note que 66.000 maisons ont été endommagées. « Des milliers de personnes ne peuvent pas retourner dans leurs maisons endommagées ou détruites et les répliques continuent », a ajouté Jens Laerke.

 

Les agences de l’ONU sont déjà sur le terrain pour venir en aide aux populations

Sur le terrain, les lignes de communication avec les zones touchées ont été en grande partie coupées par la catastrophe et les routes, les ponts et les aéroports ont été gravement endommagés. Les acteurs humanitaires, notamment la Croix-Rouge, les ONG et les agences des Nations Unies, sont déjà sur le terrain ou sont en route vers les zones touchées pour apporter une assistance et mener des évaluations afin de mieux comprendre les besoins immédiats.

« Les glissements de terrain ont été nombreux, laissant de nombreuses communautés touchées isolées. En conséquence, les informations sur l’ampleur de la catastrophe sont encore limitées et il est difficile de faire parvenir de l’aide dans les zones touchées », a fait remarquer le porte-parole du BCAH.

En attendant, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué qu’un hôpital a été endommagé. « Des évaluations se poursuivent quant au sort des autres établissements de santé », a fait remarquer le porte-parole de l’OMS. Selon l’Agence onusienne basée à Genève, le manque d’abris et la destruction d’installations d’approvisionnement en eau et d’assainissement pourraient entraîner des épidémies de diarrhée et d’autres maladies transmissibles.

« Des données antérieures à la catastrophe de Donggala et de Palu indiquent une activité en cours de maladies diarrhéiques aiguës et d’infections respiratoires aiguës », a ajouté Tarik Jasarevic.

Face à l’ampleur de la catastrophe, les agences humanitaires internationales sont d’ailleurs en « contact étroit » avec le gouvernement et sont prêtes à apporter leur soutien.

« Le gouvernement indonésien a une grande expérience de gestion des catastrophes naturelles mais, étant donné l’ampleur et la complexité de cette urgence, les agences des Nations Unies et les ONG collaborent étroitement avec les ministères pour apporter leur aide » a déclaré Hervé Verhoosel, porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM) à Genève.

 

 

 

ESCAP/Yusuf Ahmad
Des enfants traversent un pont alors qu’ils se rendent à l’école dans une partie reculée de la province de Sulawesi, en Indonésie.

 

 

Un millier d’écoles touchées par la catastrophe

Dans ce genre de catastrophes, les femmes et les enfants restent les plus vulnérables. Dans ces conditions, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF » s’est inquiété du sort milliers d’enfants après le tsunami de Sulawesi, un mois après la catastrophe de Lombok, qui a fait 550 morts et 340.000 personnes déplacées.

Dans le centre de Sulawesi, l’UNICEF se préoccupe non seulement de la sécurité des enfants à Palu, mais également dans la ville de Donggala ainsi que du sort d’autres communautés encore privées d’aide humanitaire. « Il est important de comprendre que cette urgence affecte une population vulnérable et particulièrement les enfants vulnérables », a indiqué le porte-parole de l’UNICEF.

Dans le domaine de la protection, Christophe Boulierac a exprimé sa vive inquiétude par rapport « au nombre probablement élevé d’enfants séparés, compte tenu du nombre de victimes jusqu’à 1234 morts jusqu’à présent ».

Autre source de préoccupation pour l’UNICEF, le fait que plus de 1.000 écoles (de la petite enfance au secondaire) seraient touchées par cette catastrophe naturelle. « Ce qui toucherait environ 19% des élèves du centre de Sulawesi, soit plus de 142.000 élèves », a détaillé le porte-parole de l’UNICEF.

L’UNICEF lance un appel de 5 millions de dollars

Le BCAH avait estimé hier lundi à 191.000 le nombre de personnes ayant besoin d’une aide humanitaire d’urgence, dont 46.000 enfants et 14.000 personnes âgées. Mais pour le PAM, la nourriture et l’eau seront bien sûr une priorité pour le gouvernement.

Reste que devant l’ampleur de cette catastrophe, le gouvernement indonésien a lancé un appel à l’aide internationale. Et les agences humanitaires de l’ONU sont prêtes à appuyer les efforts de secours que mène actuellement le Gouvernement. Le PAM, par exemple, soutient l’opération logistique du gouvernement indonésien consistant à distribuer des secours d’urgence – actuellement entravée par les dégâts causés aux infrastructures et la défaillance des services de télécommunications.

Selon l’Agence onusienne basée à Rome, des spécialistes de la logistique du PAM sont arrivés à Sulawesi et sont intégrés dans les convois gouvernementaux. « L’entrepôt de l’ONU pour les actions humanitaires dirigé par le Programme alimentaire, est à la disposition des partenaires qui souhaitent libérer des stocks de sa base de Subang, en Malaisie », a ajouté Herve Verhoosel, porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM) à Genève.

 

 

Christophe Boulierac

Par ailleurs, le Ministère indonésien des affaires sociales a demandé l’aide de l’UNICEF pour déployer des travailleurs sociaux dans la zone touchée. « Le rôle des travailleurs sociaux consistera à soutenir les services destinés aux enfants séparés et non accompagnés, des services psychosociaux et la recherche et la réunification familiales, selon les besoins », a indiqué Christophe Boulierac.

 

 

A noter que l’UNICEF a lancé un appel de 5 millions de dollars américain pour couvrir ses besoins en éducation, santé, nutrition, assainissement et protection de l’enfance pour la situation d’urgence actuelle ainsi que pour l’impact durable du séisme de Lombok, en Indonésie.