Le Conseil Européen propose 10 000 postes de douaniers, mais comment y parvenir ?

Le syndicat UNSA DOUANES monte au créneau et soulève une question fondamentale sur  le recrutement des douaniers.

Programme FRONTEX : un emplâtre sur une jambe de bois ?

Le tonneau des Danaïdes ?

La flûte/passoire à 10.000 trous ?

Le syndicat UNSA DOUANES a enregistré avec beaucoup d’intérêt les propos du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, qui, devant le Parlement européen a appelé à un renforcement significatif de l’agence européenne de garde-frontières, proposant qu’elle puisse disposer d’ici 2020 de 10.000 agents mobilisables aux frontières de l’Union.

« Nous proposons de renforcer encore l’Agence européenne de garde-frontières et garde-côtes pour mieux protéger nos frontières extérieures avec 10.000 garde-frontières » d’ici 2020, a dit le chef de l’exécutif européen lors de son dernier discours sur l’état de l’UE prononcé à Strasbourg.

Pour le syndicat UNSA DOUANES si cet objectif est une nécessité, ces déclarations constituent plutôt un « rideau de fumée » tendant à faire croire à quelques mois des élections européennes à nos concitoyens que la crise migratoire est sous contrôle et que nos frontières extérieures sont gardées.

Malheureusement la réalité est tout autre, et ce discours tient plutôt de l’incantation que d’autre chose.

Aujourd’hui Frontex c’est environ 600 personnes, dont 138 experts nationaux détachés à Varsovie le siège de l’agence.

Environ 1300 personnels sont déployés sur le terrain (Grèce, Italie, Bulgarie, etc.). Le chiffre varie de semaine en semaine, entre 1200 et 1400 officiers (1500 au plus fort de la crise). Ces personnels sont détachés par les États membres, pour une durée variable (une à quelques semaines).

A cela, on rajoute un pool de réserve de 1500 personnes qui a été créé en 2015 avec la mise en place du corps européen de garde-frontières.

On arrive ainsi déjà aujourd’hui à 3400 personnes (600 + 1300 + 1500).

Et comment arrive-t-on au chiffre de 10.000 personnes promis par le Conseil européen ? Allons nous assister dans l’ensemble des pays de l’Union à une vague sans précédent de recrutement de douaniers ? Non, bien entendu.

Certes, vieux réflexe technocratique, des recrutements vont être réalisés au siège de Varsovie pour arriver à 1000 personnes. Pour le reste il est envisagé de porter le nombre de personnels déployés à 2000. Et enfin d’augmenter le pool de réserve de 1500 à 7000 personnes.

Dans les faits, les principaux effectifs (plus de 9000) sont fournis par les États membres (s’ils ont ces effectifs et s’ils le veulent), avec le soutien financier de l’Union européenne.

Le syndicat UNSA DOUANES rappelle que la France, pour sa part est dans l’incapacité la plus totale d’augmenter sa contribution dans ce domaine. Pour mémoire, lors du dernier déploiement de la vedette (DF33) de Nice pour une mission extérieure sous l’égide de Frontex, alors même que le patrouilleur Jean François DENIAU (DFP3) était victime d’une avarie, la situation était devenue dramatique pour la « marine douanière », incapable de surveiller nos propres frontières nationales.

Patrouilleur Jean François DENIAU

Le syndicat UNSA DOUANES en appelle donc au Président de la République et au Gouvernement afin de procéder à un recrutement massif de douaniers afin de relever les défis de la crise migratoire d’une part, mais également du Brexit.