Nicaragua : le gouvernement expulse le bureau des droits de l’homme de l’ONU

Le bureau régional pour l’Amérique centrale du Haut-commissariat aux droits de l’homme des Nations Unies (HCDH) a déclaré vendredi que le ministère des Relations extérieures du Nicaragua lui avait signalé jeudi la fin de l‘invitation que le gouvernement lui avait adressée, précisant que sa mission prenait fin « dès aujourd’hui ».

 

Le  HCDH avait été invité par le Nicaragua à se rendre dans le pays pour accompagner sa Commission de vérification et de suivi. Cette Commission, composée notamment de représentants du Dialogue national, a pour objectif de trouver une issue à la crise politique dans le pays.

Selon la communication du ministère, l’invitation n’avait plus lieu d’être, les « raisons, causes et conditions ayant donné lieu à l’invitation ayant cessé ».

Le HCDH a informé le gouvernement que son équipe, qui était arrivée au Nicaragua le 24 juin 2018, partirait le 1er septembre. Il a affirmé qu’il continuerait à surveiller la situation des droits de l’homme dans le pays à distance, en vertu du mandat conféré par l’Assemblée générale des Nations Unies au Haut-Commissariat aux droits de l’homme.

« Le bureau régional pour l’Amérique centrale du Haut-commissariat aux droits de l’homme des Nations Unies poursuivra son appui aux victimes et à leurs familles, ainsi qu’à la société civile », a précisé le bureau régional dans un communiqué. Il a souligné qu’il continuerait de collaborer avec les instances régionales des droits de l’homme ainsi que la communauté internationale.

Cette décision du gouvernement du Nicaragua est survenue au lendemain de la publication d’un rapport du HCDH sur la situation des droits de l’homme dans le pays.

Ce rapport indique notamment que 300 personnes ont perdu la vie et 2.000 ont été blessées depuis le début de la crise au Nicaragua.  Il dénonce un usage disproportionné de la force par la police.

« Les recommandations contenues dans le rapport du Bureau publié le 29 août constituent des outils d’une grande valeur qui devraient servir non seulement à résoudre la crise actuelle mais à renforcer les institutions et l’Etat de droit à moyen terme », a affirmé le bureau régional dans son communiqué. « Ces recommandations cherchent à contribuer à la quête de vérité et la reddition des comptes ».