Vaincu en Iraq et affaibli en Syrie, Daech reste toutefois dangereux

Même si le groupe terroriste Daech a subi des pertes importantes, il reste une source de préoccupation grave et importante, a prévenu jeudi le chef du Bureau des Nations Unies de la lutte contre le terrorisme, Vladimir Voronkov, devant le Conseil de sécurité.

 

M. Voronkov, qui présentait le rapport du Secrétaire général sur la menace posée par Daech à la sécurité internationale, a rappelé que depuis la fin de 2017, Daech a été vaincu en Iraq et est en retrait en Syrie. Le nombre total de membres actuels de Daech (appelé aussi EIIL) en Iraq et en Syrie est estimé à plus de 20.000, répartis à peu près également entre les deux pays.

Selon le haut responsable onusien, un noyau de Daech devrait survivre en Iraq et en Syrie à moyen terme, en raison du conflit en cours et des problèmes complexes de stabilisation.

M. Voronkov a également évoqué le défi posé par le retour des combattants terroristes étrangers dans leur pays d’origine. Ces retours, bien que plus lents que prévu, pose un problème sérieux. « L’un des dangers posés par le retour des combattants terroristes étrangers réside dans les compétences acquises dans les zones de conflit, comme les compétences nécessaires pour préparer des engins explosifs improvisés et pour transformer des drones en engins armés », a-t-il dit.

 

 

Photo : ONU/Manuel Elias
Vladimir Voronkov, Secrétaire général adjoint et chef du Bureau du contre-terrorisme de l’ONU, s’adresse au Conseil de sécurité.

 

 

L’évolution de Daech d’une structure proto-étatique en un réseau secret pose également de nouveaux défis, a-t-il expliqué. Les finances de Daech au Moyen-Orient sont ainsi plus difficiles à détecter et à analyser maintenant que les fonctions administratives de gestion des finances sont devenues clandestines.

Dans ce contexte, le rapport du Secrétaire général estime que les États membres et la communauté internationale doivent redoubler d’efforts pour contrer efficacement la menace posée par Daech, qui évolue rapidement. Pour contrer cette menace, « la coopération internationale, le partage d’informations et le renforcement des capacités sont essentiels », a souligné M. Voronkov.

 

Les défis que posent les retours des combattants terroristes étrangers

 

Michèle Coninsx

La Directrice exécutive du Comité de lutte contre le terrorisme (CTED), Michèle Coninsx, a également souligné devant le Conseil de sécurité que même si le nombre de retours de combattants terroristes étrangers n’est pas aussi élevé qu’attendu jusqu’à maintenant, ces retours présentent toujours un problème sérieux pour les États membres.

« Le renforcement de la coopération judiciaire et de l’entraide judiciaire demeure donc vital », a dit Mme Coninsx, ajoutant que les États doivent élaborer des stratégies sur mesure en matière de poursuites judiciaires concernant ces combattants.

Les combattants terroristes étrangers déjà incarcérés posent en outre un risque potentiel de radicalisation d’autres détenus dans les prisons où ils se trouvent. Des efforts supplémentaires sont donc nécessaires en matière de sécurité dans les prisons, de conditions de détention et de risques spécifiques associés aux prisonniers extrémistes violents, a-t-elle dit.

 

 

Photo : ONU/Loey Felipe
Michèle Coninsx, Directrice exécutive de la Direction exécutive contre le terrorisme (CTED), s’adresse au Conseil de sécurité.

 

 

 

Michèle Coninsx s’est aussi inquiétée des risques potentiels liés à la sortie de prison de combattants terroristes étrangers. Selon elle, les Etats sont de plus en plus préoccupés par le fait que certains de ces combattants reprennent des activités terroristes.

« Il est donc nécessaire de renforcer la collecte de données et d’échanges d’informations dans ce domaine, y compris en ce qui concerne les enseignements tirés, afin de s’assurer que les programmes de réadaptation et de réinsertion sont basés sur des méthodologies solides et sont mis en œuvre en pleine conformité avec la législation nationale et internationale droit des droits de l’homme », a-t-elle conclu.