IRAK : les Yézédies victimes d’esclavage sexuel de Daech toujours en attente de justice

Quatre ans après le début de la campagne d’asservissement de la minorité yézédie par Daech, les victimes des violences sexuelles commises par l’organisation terroriste attendent toujours justice.

 

Le 3 août 2014, Daech a lancé une vaste campagne d’enlèvement, de viol, d’esclavage sexuel, de trafic d’êtres humains et d’autres crimes contre la communauté yézidie et d’autres groupes minoritaires vivant dans la région de Sinjar, dans le nord de l’Iraq.

 

 

« Des histoires horribles qui devraient choquer la conscience de l’humanité », a déclaré vendredi Pramila Patten, la représentante spéciale de l’ONU sur la violence sexuelle dans les conflits à l’occasion de ce triste anniversaire.

 

 

 

Bien que Daech ait été défait militairement, des milliers de Yézidis sont toujours portés disparus et aucun membre de Daech, également connu sous le nom d’Etat islamique en Iraq et au Levant, n’a été poursuivi pour les crimes de violences sexuelles.

« L’idéologie de Daech ne peut être véritablement vaincue que si les survivants reçoivent justice et réparation pour les crimes qu’ils ont subis. La réconciliation ne peut avoir lieu que si les personnes disparues sont retrouvées », a souligné Mme Patten.

Outre la justice, les victimes de violences sexuelles ont toujours besoin d’un soutien médical et psychosocial et attendent d’être réunis avec des membres de leurs familles portés disparus.

Sur un nombre estimé de 400.000 civils yézidis vivant à Sinjar, au moins 10.000 ont été tués ou enlevés.

Plus de 6.400 Yazidis principalement des femmes et des enfants, ont été réduits en esclavage et transférés dans les prisons et dans des camps d’entraînement militaires de Daech dans l’est de la Syrie et le nord de l’Iraq. Des lieux où ils ont été violés, battus et vendus.

En septembre 2016, le gouvernement iraqien et les Nations unies ont signé un communiqué conjoint pour prévenir et combattre les violences sexuelles liées aux conflits. Bagdad a récemment annoncé la création d’un comité interministériel chargé de la mise en œuvre du communiqué conjoint. Mme Patten a appelé les autorités fédérales et régionales iraqiennes à « coopérer entre elles et à mettre en œuvre rapidement les engagements contenus dans le communiqué conjoint »

« Quatre ans après les attaques contre Sinjar, aucun des auteurs de violences sexuelles liées au conflit de Daech n’a été traduit devant un tribunal et les besoins des survivants et de leurs enfants, y compris au sein de la communauté yézidie, restent immenses », a déclaré la Représentant spéciale.

« Aujourd’hui et chaque jour, je suis aux côtés des survivants des crimes de violence sexuelle commis à Daech et je m’engage à continuer à lutter pour que chaque femme ou fille retenue en captivité soit libérée, que les familles soient réunies, que les survivants soient soutenus, et que chaque auteur soit tenu pour responsable de ces graves violations du droit international », a souligné Mme Patten.