Pollution à l’ozone : les mesures mises en œuvre

Des niveaux élevés de concentration d’ozone ont été constatés depuis le 23 juillet en Île-de-France ainsi que dans le Var et les Bouches du Rhône.
En raison de la persistance du phénomène, des mesures ont été prises localement par le préfet de Police pour faire baisser les niveaux d’émissions polluantes et protéger la santé des personnes les plus exposées.

Les mesures prises face au pic de pollution

En Ile de France

L’Île-de-France  connaît actuellement un épisode de pollution à l’ozone (O³ ) persistant qui nécessite de prendre des mesures d’urgence graduées. En accord avec les élus, le préfet de Police a décidé de reconduire les mesures restrictives suivantes, applicables depuis mardi 24 juillet à 5h 30 jusqu’au vendredi 27 juillet à 0 heure :

Mesures concernant les sources émettrices d’oxydes d’azote :

  • réduire la vitesse des véhicules à moteur sur l’ensemble de la région Île-de-France :
    – à 110 km/h sur les portions d’autoroutes normalement limitées à 130 km/h
    – à 90 km/h sur les portions d’autoroutes et de voies rapides normalement limitées à 110 km/h ;
    – à 70 km/h sur les portions d’autoroutes, de voies rapides normalement limitées à 90 km/h, ainsi que sur les routes nationales et départementales.
  • contourner l’agglomération parisienne par la Francilienne pour les véhicules de plus de 3,5 T en transit.
  • utiliser les possibilités mises en place au sein des établissements professionnels pour aménager les déplacements domicile-travail (plan de mobilité, télétravail, adaptation des horaires, etc.).
  • concernant l’industrie : Réduire le fonctionnement des installations fixes dont les émissions contribuent à l’épisode de pollution :  s’assurer du bon fonctionnement des dispositifs de traitement des rejets COVNM et de NOx à l’atmosphère.

A partir de mercredi 25 juillet et jeudi 26 juillet de 5h30 à minuit  :  

Mise  en place de la  circulation  différenciée  à  l’intérieur  du  périmètre  délimité par l’A86 (hors autoroute) :

  • les véhicules non classés, de classe 4 et 5 Crit’Air sont interdits de circuler . Cette interdiction concernant les véhicules les plus polluants permet de réduire de 32% la part d’oxydes d’azote émise provenant du trafic dans la zone intra A 86.

Seuls les véhicules de la classe 0 à 3 Crit’Air pourront ainsi se déplacer dans ce périmètre.

Dans le Var et les Bouches du Rhône

Une procédure d’alerte niveau 1 pour pollution à l’ozone a été déclenchée dans le Var et les Bouches-du-Rhône pour la journée du 26 juillet, ont annoncé mercredi les préfectures du Var et des Bouches-du-Rhône.

« Après avoir déclenché, le 25 juillet 2018, la procédure d’information recommandation relative à la pollution de l’air à l’ozone, et compte tenu de la persistance de l’épisode en cours, le préfet a décidé d’activer, pour la journée de jeudi 26 juillet 2018, la procédure d’alerte niveau 1, relative à la pollution de l’air à l’ozone » dans ces départements, indiquent les préfectures dans des communiqués.

 

 

 

 

Dans les Bouches-du-Rhône, les vitesses maximales autorisées sont abaissées de 20 km/h, sans descendre en dessous de 70 km/h et les contrôles sur route sont renforcés. La préfecture demande également aux « navires de mers et bateaux fluviaux » de se raccorder électriquement à quai » et de ne pas utiliser les groupes électrogènes à bord « dans la limite des installations disponibles ».

Qu’est-ce qu’un épisode de pollution à l’ozone ?

Lorsque la France connaît une période de forte chaleur caractérisée par un fort ensoleillement et une grande stabilité atmosphérique, la production d’ozone est favorisée. L’ozone est formé à partir de réactions chimiques entre les oxydes d’azote (NOx) et les composés organiques volatils (COV), sous l’effet du soleil. Comme il n’est pas émis directement dans l’air, on dit qu’il s’agit d’un polluant secondaire.

Quel est l’impact de la pollution à l’ozone sur la santé et l’environnement ?

L’ozone a un impact important sur la santé : il peut pénétrer profondément dans l’appareil respiratoire et provoquer une réaction inflammatoire bronchique au niveau cellulaire, d’où une toux sèche et une gêne respiratoire. Des effets cardiovasculaires sont également constatés. L’augmentation des niveaux d’ozone est corrélée à une augmentation des hospitalisations et à des décès prématurés.

Qui décide des mesures à mettre en œuvre pour diminuer la pollution ?

En cas d’épisode de pollution, il faut prioritairement réduire les émissions d’oxydes d’azote, émis principalement par les véhicules automobiles et les émissions de composés organiques volatils, qui proviennent de l’industrie, des usages domestiques et des transports. Le préfet a la compétence pour informer la population et pour prendre les mesures d’urgence appropriées. On distingue deux seuils :

  • le seuil d’information et de recommandation (180 µg/m3 en moyenne horaire pour l’ozone) correspond au niveau à partir duquel une exposition de courte durée présente un risque pour la santé des populations sensibles (femmes enceintes, personnes âgées, personnes ayant des malades respiratoires…). Si ce seuil est dépassé, le préfet émet des recommandations pour réduire les émissions ;
  • le seuil d’alerte (240 µg/m3 en moyenne horaire pour l’ozone) correspond au niveau au-delà duquel une exposition de courte durée présente un risque pour la santé de l’ensemble de la population ou de dégradation de l’environnement. Si ce seuil est dépassé, ou si le seuil d’information et de recommandation est dépassé de manière persistante, le préfet peut, après avis d’un comité d’experts puis d’un comité d’élus, prendre des mesures d’urgence contraignantes pour réduire les émissions.

Que faire en cas de pollution à l’ozone ?

En cas d’épisode de pollution à l’ozone, il est recommandé aux personnes les plus vulnérables de limiter les sorties pendant l’après-midi et les activités physiques et sportives en plein air et de consulter un médecin en cas de gêne respiratoire ou cardiaque dès le dépassement du seuil d’information recommandation.

 

 

 

 

Pour plus d’information, se renseigner auprès des agences régionales de santé.

Où se renseigner sur la qualité de l’air ?

Au niveau local

Dans chaque région, une association agréée de surveillance de la qualité de l’air (AASQA) informe en temps réel de la qualité de l’air de la région et des éventuels épisodes de pollution. Les coordonnées des AASQA sont disponibles sur le site internet de la fédération Atmo.

Au niveau national

Les mesures préfectorales sont consultables sur le site des préfectures et sur l’outil Vigilance atmosphérique qui fournit une carte et une liste des mesures préfectorales engagées.

Le site internet http://www2.prevair.org fournit des cartes de prévisions de la qualité de l’air à 3 jours aux échelles nationale et européenne réalisées par l’Ineris.