Bruxelles propose aux Etats 6 000 euros pour chaque migrant qu’ils accueillent

Le plan vise à alléger la responsabilité des pays du Sud vis-à-vis des nouveaux arrivants.

 

Bruxelles teste à nouveau la formule du chèque pour encourager la distribution des migrants en Europe. Les États membres qui souhaitent accueillir des personnes débarquées dans l’UE recevront 6 000 euros pour chacun. Avec cette proposition, immédiate et volontaire, Bruxelles tente d’apaiser l’inconfort des pays du sud, en particulier de l’Italie par la gestion de tous les migrants arrivés sur leurs côtes. De plus, l’exécutif communautaire financera les centres soi-disant contrôlés pour évaluer rapidement les nouveaux arrivants.

L’exécutif communautaire est convaincu que la pluie de fonds permettra d’atténuer un problème plus lié aux agendas politiques qu’aux contraintes budgétaires. Après le mandat donné par les chefs d’état et de gouvernements lors du sommet de Juin, la Commission a rencontré une situation paradoxale: aucune des deux formules approuvées par les États membres (ou les centres contrôlés, au sein de l’UE, plates-formes externes, conçues pour les pays tiers autour de la Méditerranée) avaient des candidats. 

Les sources de l’institution impliquées dans ces travaux croient que, une fois les concepts clarifiés, la réceptivité est plus grande.

Avec cette attente, la Commission a présenté mardi les grandes lignes de ces deux types d’installations pour les migrants se rendant en Europe. Conscient que les détails seront retardés, Bruxelles a conçu un projet pilote pour tester rapidement l’idée de dissocier le débarquement des naufragés de la gestion de leurs dossiers.

 Les États qui ouvrent leurs ports à ceux sauvés en mer recevront un énorme soutien technique. À titre d’exemple, l’exécutif de l’UE assure que pour les bateaux transportant en moyenne 500 personnes, Bruxelles pourrait fournir quelque 300 professionnels (y compris des garde-côtes, des interprètes, des experts en matière d’asile ou des médecins).

 

Dans ce schéma, les pays d’accueil qui accepteront des nouveaux arrivants (par exemple, à la demande des Pays-Bas abritant une débarquèrent en Italie) recevront un bonus de 6000 euros pour chaque personne transférée. Il y aura encore 500 euros pour l’Etat où ils ont débarqué (dans l’exemple précédent, l’Italie) pour payer le coût du voyage sur le territoire d’accueil.

Le modèle est très similaire à celui permis au milieu de la crise de 2015 pour promouvoir la répartition des demandeurs d’asile arrivant en Grèce et en Italie. 

La grande différence est que c’était obligatoire alors  ( bien que seulement 25 % ait été atteint )  et maintenant c’est du bénévolat. Pourtant, la proposition risque de s’échouer sur un point clé: le dilemme de savoir si cette affaire ne concerne que les personnes qui ont cherché le profil d’asile ou migrants appelés aussi économiques dont l’ avenir est très probablement un ordre d’expulsion de l’ UE. « Pour cela à travailler sur le terrain, nous devons être unis , » le commissaire européen pour les migrations, Dimitris Avramopoulos, a lancé une mise en garde: dans un communiqué.

 

 

Dimitris Avramopoulos

 

 

Les Etats discuteront de la formule ce mercredi. L’Italie est le plus susceptible d’exiger que la distribution, bien que volontaire, inclue toutes les arrivées, de sorte que c’est le lieu d’accueil qui évalue si oui ou non ils ont le droit d’asile. D’autres pays plus réticents (probablement ceux du nord) insisteront pour ne recevoir que les réfugiés potentiels.

Les décideurs européens devront également décider de ces centres contrôlés. La Commission renonce à définir si ils doivent être fermés pour éviter les fuites de ceux qui, selon toute vraisemblance, n’ont pas droit à la protection et laisser à la discrétion des États qui les mettent en œuvre. 

Dans la pratique, un type de centre contrôlé existe déjà dans de nombreux pays européens, y compris en Espagne. Les nouveautés seraient la rationalisation des processus, de sorte que les candidats à entrer dans ces centres ne passent pas plus de huit semaines, avec un financement entièrement européen. Interrogés sur le coût de ces processus, les sources communautaires se limitent à dire: «Nous avons l’argent».

Plateformes en Afrique du Nord

Avec cette initiative, Bruxelles a l’intention de revenir à la situation avant que l’Italie refuse d’accueillir des navires chargés de migrants qui ont approché ses côtes dans ses ports ( l’affaire de l’Aquarius ) De cette façon, le processus serait relativement automatique en retour car la responsabilité du traitement de ces fichiers ne tombe pas nécessairement sur le premier point d’arrivée. Reste à voir que le gouvernement italien le juge suffisant.

En ce qui concerne les plates-formes extérieures, le concept est beaucoup moins mature. Lundi prochain, il y aura une réunion à Genève avec les agences des Nations Unies qui les géreront de manière prévisible (HCR et OIM) pour l’esquisser. Afin de surmonter les résistances manifestées par les principaux candidats que Bruxelles a en tête pour ce projet (Maroc, Algérie, Tunisie et Egypte), les autorités communautaires leur offriront d’autres avantages. 

À ces endroits, les personnes secourues peuvent débarquer dans les eaux territoriales d’Afrique du Nord ou dans les eaux internationales. En aucun cas, ne sera transféré aux naufragés sauvés dans les eaux européennes.

Enfin, un haut fonctionnaire lié à ces travaux souligne qu’il est de la responsabilité de ces pays  et pas seulement de bonne volonté, de sauver et de maintenir en bon état les personnes trouvées dans la zone de recherche et de sauvetage qu’ils assument devant l’Organisation maritime internationale.