Droits des Palestiniens : le Haut-Commissaire aux droits de l’homme tire la sonnette d’alarme

Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a tiré la sonnette d’alarme face à la détérioration de la situation humanitaire et l’escalade des tensions, lors de son intervention lundi devant le devant le Comité des droits inaliénables du peuple palestinien, réuni au Siège de l’ONU, à New York.

 

« L’escalade dramatique de la situation humanitaire dans les Territoires palestiniens occupés des derniers mois pourrait engendrer de nouvelles menaces pour la paix dans la région »,  a averti le Haut-Commissaire.

 

 

 

 

Il est ainsi revenu sur les échanges de tirs « les plus graves depuis l’escalade des hostilités de 2014 » y compris ceux du 14 juillet dernier, aux cours desquels les forces de sécurité israéliennes ont mené au moins 28 frappes aériennes et lancé plus de 50 missiles, provoquant la mort de deux Palestiniens et blessant 35 autres, alors que des groupes armés palestiniens ont lancé 184 roquettes et obus de mortier visant Israël, qui ont blessé trois Israéliens. 

S’exprimant par visioconférence, le chef des droits de l’homme a rappelé à toutes les parties que l’usage indiscriminé et disproportionné de la force qui provoque des morts et des blessés dans la population civile est interdit par le droit humanitaire international.

M. Ra’ad Al Hussein s’est félicité des efforts de l’Egypte et des Nations Unies qui ont récemment permis de parvenir à un cessez-le-feu.  Il a toutefois souligné que « la situation reste fragile » et appelé toutes les parties en mesures d’exercer leur influence à le faire pour éviter un autre cycle de violences. 

Selon lui, les vagues de violence que connaissent régulièrement les Palestiniens vivant dans la bande de Gaza contribuent à la dégradation de la situation humanitaire déjà extrêmement difficile sur place.

« Le chômage très élevé, la pauvreté, des infrastructures en ruine, une dépendance accrue de l’aide alimentaire et humanitaire et l’avenir politique sont à l’origine d’une précarité multifacettes alarmante qui est entièrement fabriquée par l’homme et entièrement évitable », s’est indigné le Haut-Commissaire devant le Comité.

Zeid Raad Al Hussein a affirmé qu’il est essentiel que les autorités coopèrent avec la Commission d’enquête internationale et indépendante en cours d’établissement afin détablir les faits et les responsabilités des incidents « choquants » qui ont eu lieu lors des récentes manifestations le long de la barrière entre Gaza et Israël tuant 100 Palestiniens, dont 17 enfants, et en blessant plus de 4100.

S’attaquer aux causes profondes

Le Haut-Commissariat juge impératif de s’attaquer aux causes profondes des récentes manifestations à Gaza, à savoir les conditions de vie difficiles imposées aux Gazaouis, qui sont pour la plupart des réfugiés qui vivent depuis 11 ans sous le blocus israélien. 

Le Haut-Commissaire a également dénoncé l’adoption, la semaine dernière, de la loi fondamentale sur l’État-nation par le Parlement israélien.  Selon lui cette loi « ancre la discrimination inhérente contre les communautés non-juives, en particulier les citoyens arabes d’Israël et les résidents de Jérusalem-Est occupée » et « risque d’embraser les tensions ».    

M. Ra’ad Al Hussein n’a pas manqué de dénoncer l’expansion des colonies de peuplement en Cisjordanie et à Jérusalem-est ainsi que les démolitions de structures (366 structures en Cisjordanie en un an, dont 11 écoles). 

Le Haut-Commissaire s’est également préoccupé du sort des centaines d’enfants palestiniens détenus par les autorités israéliennes dans le contexte de la détention administrative qui selon lui est contraire aux droits de l’homme. 

Il a appelé Israël à libérer immédiatement toute personne arrêtée dans le cadre du système de la détention administrative, soit 440 Palestiniens.

Le Haut-Commissaire a également dénoncé les arrestations arbitraires et les contraintes administratives qui entravent les travaux des défenseurs des droits de l’homme.

Pour le chef des droits de l’homme de l’ONU, seule la fin de l’occupation peut apporter une paix durable et permettre la mise en place des conditions dans lesquelles les droits de l’homme de tous peuvent être pleinement respectés et permettre que les deux parties respectent l’humanité et l’égalité de l’autre.  

« Tous les États ont la responsabilité de réaliser cet espoir, trop longtemps promis et trop longtemps refusé », a conclu Zeid Ra’ad Al Hussein.