L’Assemblée générale de l’ONU finalise le premier Pacte mondial pour les migrations

L’Assemblée générale des Nations Unies a finalisé vendredi le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières.

 

Réunis à New York, les Etats membres de l’ONU se sont mis d’accord sur le texte du Pacte qui doit être formellement approuvé les 10 et 11 décembre lors d’une conférence intergouvernementale à Marrakech, au Maroc. C’est la première fois que les États membres des Nations Unies négocient un accord couvrant toutes les dimensions des migrations internationales d’une manière globale.

La conclusion des négociations sur le Pacte a été saluée par plusieurs hauts responsables onusiens.

 

Miroslav Lajčák

« C’est un moment historique », a dit le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Miroslav Lajčák, soulignant que le potentiel du Pacte était énorme. « Il peut nous guider d’un mode réactif à un mode proactif. Cela peut nous aider à tirer parti des avantages de la migration et à atténuer les risques.

Il peut fournir une nouvelle plate-forme de coopération. Et cela peut être une ressource pour trouver le juste équilibre entre les droits des peuples et la souveraineté des États. Et, en décembre, il deviendra officiellement le premier cadre global sur la migration que le monde ait jamais vu ».

 

 

Pour le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, le Pacte reconnaît que chaque individu a le droit à la sécurité, la dignité et la protection. « L’accord sur le texte du Pacte mondial est une réalisation importante », a dit son porte-parole adjoint.

« Il reflète la compréhension commune des gouvernements que les migrations transfrontalières sont par nature-même un phénomène international et que la gestion efficace de cette réalité mondiale exige une coopération internationale pour améliorer son impact positif pour tous ».

Pour la Vice-Secrétaire générale de l’ONU, Amina J. Mohamed, « ce pacte démontre le potentiel du multilatéralisme : notre capacité à nous rassembler sur des questions qui exigent une collaboration mondiale, aussi compliquée et controversée soit-elle ».

Pour l’Agence des Nations Unies pour les migrations (OIM), le Pacte représente une étape importante en vue d’améliorer la coopération internationale en matière de migrations.

Directeur général de l’OIM, William Lacy Swing

« Ce n’est pas la fin de l’engagement mais le début d’un nouvel effort historique pour façonner le programme mondial sur les migrations pour les décennies à venir », a déclaré le Directeur général de l’OIM, William Lacy Swing. « Les États ont abordé les négociations dans un esprit de collaboration admirablement positif en vue de voir comment ils aimeraient que la politique, la pratique et la coopération migratoires évoluent au fil des ans plutôt que de réagir à une crise après l’autre comme cela semble souvent le cas ».

 

 

Dix-huit mois de discussions et consultations

Le Pacte mondial est l’aboutissement de 18 mois de discussions thématiques et de consultations entre les États membres de l’ONU et des acteurs tels que des élus locaux, des représentants de la société civile et les migrants eux-mêmes. Un processus qui a permis un dialogue et un apprentissage sans précédent de tous les participants sur les réalités de la migration internationale.

L’accord constitue désormais une base pour améliorer la gouvernance et la compréhension internationale de la migration, pour relever les défis associés à la migration aujourd’hui, et pour renforcer la contribution des migrants et des migrations au développement durable.

« La réalité est que la migration est présente. Elle est présente depuis des siècles. Et elle sera présente pour d’autres siècles à venir », a dit le Président de l’Assemblée générale.

La Représentante spéciale de l’ONU pour les migrations internationales, Louise Arbour s’est fait l’écho des propos du Président de l’Assemblée générale : « la mobilité humaine sera avec nous, comme elle l’a toujours été ».

Mme Arbour a souligné que « la mise en œuvre du Pacte apportera sécurité, ordre et progrès économique au bénéfice de tous » et permettra d’éviter que les aspects exploiteurs, chaotiques et dangereux des migrations ne « deviennent une nouvelle norme ».