République centrafricaine : la Mission de l’ONU est débordée et a besoin du soutien du Conseil de sécurité

Le chef de la Mission des Nations Unies en République centrafricaine (MINUSCA), Parfait Onanga-Anyanga, a prévenu jeudi le Conseil de sécurité que la Mission était débordée et qu’elle avait besoin du soutien continu du Conseil pour pouvoir répondre aux défis auxquels elle fait face.

 

« Depuis fin février, la République centrafricaine fait face à plusieurs flambées de violence, tant à Bangui qu’à l’intérieur du pays. Cependant, alors que la capitale a été le théâtre de violents affrontements en avril et début mai, on a pu voir récemment des signes encourageants d’accalmie », a expliqué M. Onanga-Anyanga aux membres du Conseil.

Selon lui, la situation sécuritaire volatile actuelle et les affrontements récurrents entre les groupes armés continuent d’affecter négativement le processus politique.

Les menaces d’attaques contre Bangui par des éléments radicaux du FPRC (Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique) ont ravivé des craintes au sein de la population de la capitale.

 

 

 

BANGUI

 

 

 

« Bien que la posture robuste de la MINUSCA ait permis d’éviter la matérialisation de telles menaces, cette rhétorique inquiétante a été malheureusement exploitée par des acteurs politiques peu vertueux qui ont tiré profit de l’instabilité et cherché à alimenter les tensions sur des bases ethniques et religieuses », a souligné Parfait Onanga-Anyanga, qui est également le Représentant spécial du Secrétaire général dans le pays.

 

 

 

« Les groupes armés et les factions continuent d’exercer une influence négative sur de vastes parties du territoire national, notamment à l’est, au centre et au nord-ouest du pays. De violents affrontements entre groupes armés dans ces régions continuent également à mettre en danger la vie des civils », a-t-il ajouté.

 

 

Les menaces contre les Casques bleus continuent de s’accroître

C’est dans ce contexte très volatile que la MINUSCA poursuit la mise en œuvre de son mandat de protection des civils. « La Mission est débordée et son personnel militaire, policier et civil constitue des cibles pour les groupes armés et les gangs criminels aussi bien dans la capitale qu’à l’intérieur du pays », a déclaré le chef de la MINUSCA. « Les menaces contre le personnel du maintien de la paix continuent de s’accroître ».

Face à cette situation, Parfait Onanga-Anyanga a appelé le Conseil de sécurité à un soutien continu « pour faire en sorte que la MINUSCA ait la capacité de répondre aux défis considérables auxquels elle fait face quotidiennement ».

Il a également attiré l’attention des membres du Conseil de sécurité sur la situation humanitaire, alors que les attaques contre les travailleurs humanitaires limitent sérieusement leur capacité à fournir de l’assistance.

Notant que seulement 4% des fonds demandés dans le cadre du Plan d’intervention humanitaire 2018 pour la République centrafricaine ont été octroyés, il a demandé aux bailleurs de fonds internationaux de poursuivre leur soutien.