Corée du Nord : Mettre fin à la répression et aux violations des droits humains

Une lettre cosignée par 52 organisations représentant plus de 300 ONG appelle à des réformes à long terme.

 

Brad Adams

Le gouvernement  nord-coréen devrait immédiatement entreprendre des réformes significatives visant à rectifier la situation déplorable des droits humains en République populaire démocratique de Corée (RPDC), ont plaidé conjointement Human Rights Watch et plus de 300 autres organisations non gouvernementales dans un courrier adressé au dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.

« Le dialogue naissant entre la Corée du Nord et d’autres pays est un pas dans la bonne direction, mais la communauté internationale ne doit pas perdre de vue que le pays présidé par Kim Jong-un est sans doute le plus répressif dans le monde », a déclaré Brad Adams directeur de la division Asie à Human Rights Watch.

 

« Ainsi que l’a reconnu le Conseil de sécurité de l’ONU, les menaces à la paix et à la sécurité internationales émanant de la Corée du Nord sont intrinsèquement liées aux violations des droits humains perpétrées dans ce pays, et donc toute discussion sur des questions de sécurité doit aussi porter en partie sur les questions des droits humains. »

La lettre à Kim Jong-Un a été signée par 52 organisations ou coalitions, représentant au total plus de 300 organisations non gouvernementales de cinq continents. La lettre exhorte Kim à prendre les mesures suivantes :

  • Donner suite aux recommandations des Nations Unies relatives aux droits humains en Corée du Nord ;
  • Renforcer le dialogue avec les mécanismes internationaux des droits humains ;
  • Apporter une réponse détaillée au rapport de la commission d’enquête des Nations Unies de 2014, et prendre des mesures conformément à ses recommandations ;
  • Mettre fin aux abus commis dans les prisons et centres de détention, y compris le travail forcé ;
  • Autoriser des réunions régulières entre des citoyens nord-coréens avec des membres de leurs familles vivant dans d’autres pays ; et
  • Accepter toute offre d’aide humanitaire internationale en s’assurant que cette aide parvienne effectivement aux personnes et aux communautés en ayant besoin.

Dans la déclaration de Panmunjeom, pour la paix, la prospérité et l’unification de la péninsule coréenne, cosignée par Kim Yong-un le 24  avril 2018, la Corée du Nord s’est engagée tout comme la Corée du Sud à encourager « une coopération plus active » y compris des échanges entre les organisations de la société civile, à résoudre « les questions humanitaires résultant de la division de la nation », et à promouvoir une « croissance économique équilibrée ».