Au Mali, les Casques bleus protègent la population et affrontent les dangers avec détermination

Dans les rues peu éclairées de Bamako, la police malienne patrouille toutes les nuits, avec des policiers des Nations Unies en appui.

« Les patrouilles sont menées pour rassurer la population, l’aider à vaincre le sentiment d’insécurité. Au début de la crise, les gens n’osaient plus sortir à cause de la psychose des groupes armés, des attentats », explique Masserigne Faye, coordonnateur au sein de la composante police  de la Mission des Nations Unies au Mali, la MINUSMA.

La capitale malienne semble en apparence paisible et la population se prête de bonne grâce aux inspections des véhicules par les policiers. « C’est très bien, cela nous permet de travailler librement », estime un chauffeur de taxi, Mamoutou Kané, après avoir ouvert le coffre de son véhicule.

 

 

 

 

 

 

« Nous pensons que c’est rassurant pour la population. Nous voulons que cela dure », renchérit Boubacar Traoré, assis dehors devant une petite épicerie dans le quartier de Medina Coura.

Même si la vigilance est partout de mise, ce n’est pas à Bamako  qui se trouve dans le sud du Mali  que l’insécurité est la plus grande, mais dans le nord et le centre du pays.

Les Casques bleus pris pour cibles

Les premiers Casques bleus de l’ONU ont été déployés au Mali en 2013 à la suite d’une violente insurrection menée par des rebelles séparatistes tentant de prendre le contrôle du nord du pays et d’un coup d’État militaire ultérieur.

La MINUSMA est présente dans ce pays d’Afrique de l’Ouest pour aider à maintenir un accord de paix fragile en appui aux autorités nationales et pour protéger les civils.

Mais cette mission comporte de grands dangers. C’est au Mali que le plus grand nombre de Casques bleus des Nations Unies ont été tués l’an dernier. Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, vient passer la Journée internationale des Casques bleus au Mali mardi pour être aux côtés des troupes et du personnel civil de la MINUSMA.

« Chaque soldat de la paix au Mali dans l’accomplissement de son service côtoie quotidiennement le sacrifice », déclare dans un entretien à ONU Info le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Mali, Mahamat Saleh Annadif, qui est également le chef de la MINUSMA.

En mars, lors d’un débat au Conseil de sécurité, le Secrétaire général a expliqué aux Etats membres que les Casques bleus de l’ONU sont souvent sous-équipés et insuffisamment préparés face à des environnements dangereux. « Nos Casques bleus sont vulnérables et ce sont des cibles », avait dit M. Guterres.

Le Secrétaire général juge nécessaire de focaliser l’action collective dans trois domaines : un recentrage des opérations de maintien de la paix sur des attentes réalistes, un renforcement de ces opérations, qui doivent être plus sûres, et une plus grande mobilisation en faveur de solutions politiques et pour des forces bien structurées, bien équipées et bien entraînées.

Davantage de préparation et de précaution pour réduire les pertes

Pour renforcer l’efficacité des opérations de paix et pour les rendre plus sûres, l’ONU mène actuellement une réforme globale de son pilier ‘Paix et sécurité’, notamment à travers les recommandations du Général Santos Cruz et l’initiative ‘Action pour le maintien de la paix’, avec le Mali parmi les priorités.

La MINUSMA a déjà pris des mesures sur le terrain pour réduire les pertes parmi ses contigents de Casques bleus. « En multipliant la formation, en multipliant les patrouilles, en prenant des précautions pour inspecter les routes avant que les camions viennent passer, en mettant à profit l’arrivée de ces compagnies de convoi de combat, nous avons réellement fait un certain nombre de pas dans le sens de diminuer les pertes », souligne le Représentant spécial.

Sa Cheffe de cabinet, Lizbeth Cullity, prend pour exemple une récente attaque en mai qui a montré l’impact des mesures prises pour une meilleure préparation des Casques bleus. « C’est en raison de ce type de préparation, les exercices qui ont eu lieu avant l’attaque, que nous pensons que nous avons pu sauver des vies », dit-elle.

Au cours de sa visite de deux jours au Mali, le Secrétaire général rencontrera les troupes et le personnel de la MINUSMA. Il rencontrera également le Président malien, Ibrahim Boubacar Keïta et d’autres responsables gouvernementaux à Bamako. Mercredi, António Guterres se rendra en régions où il rencontrera les autorités locales et le personnel de l’ONU, ainsi que des femmes, des jeunes et des représentants religieux.