Gaza : l’envoyé de l’ONU au Moyen-Orient dénonce une journée de tragédie et appelle à l’arrêt de la violence

L’envoyé de l’ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, Nickolay Mladenov, a dénoncé mardi devant le Conseil de sécurité une « journée de tragédie » à Gaza la veille et a appelé à l’arrêt du cycle de violences.

 

« Pour la population de Gaza, hier a été une journée de tragédie », a dit M. Mladenov, Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, s’exprimant par vidéoconférence depuis Jérusalem. « Il n’y a pas d’autres mots pour décrire ce qui s’est passé. Il n’y a pas d’excuses. Cela ne sert personne. Cela ne sert certainement pas la cause de la paix. »

Il a exhorté tous les États membres à condamner dans les termes les plus forts possibles les actions qui ont conduit à la perte de tant de vies humaines à Gaza.

« Israël a la responsabilité de faire un usage proportionné de la force, de ne pas utiliser une force létale ou seulement en dernier recours, dans le cas d’une menace imminente de mort ou de blessure grave. Il doit protéger ses frontières des tentatives d’infiltration et du terrorisme mais il doit le faire de manière proportionnée et enquêter, d’une manière indépendante et transparente, sur chaque incident ayant conduit à une perte en vies humaines », a encore dit M. Mladenov.

Le Coordonnateur spécial a également exhorté le Hamas, qui contrôle Gaza, « à ne pas utiliser ces manifestations pour dissimuler ses provocations et ses tentatives de poser des bombes près de la clôture de sécurité et risquer les vies de civils ».

M. Mladenov a rappelé que ces manifestations se déroulent depuis plus de six semaines. Il a affirmé que la colère du peuple de Gaza, qui vit dans la pauvreté et dans des conditions dignes d’une prison, risque de conduire à plus de destructions et de souffrances, si elle ne trouve pas à s’exprimer différemment. Il a en outre déploré l’instrumentalisation des souffrances de la population de Gaza à des fins politiques.

« Le cycle de violences à Gaza doit cesser, sous peine de voir la région être le théâtre d’une nouvelle confrontation meurtrière », a-t-il averti, en exhortant la communauté internationale à intervenir et prévenir la guerre.

Le Coordonnateur spécial a indiqué qu’au moins 60 personnes ont trouvé la mort hier à Gaza, y compris six enfants, tandis que 1.300 personnes ont été blessées. Un soldat israélien a été blessé.

Plus de cent personnes tuées depuis le 30 mars

Depuis le début des manifestations le 30 mars, plus de cent personnes ont été tuées, y compris 13 enfants, soit le bilan humain le plus lourd depuis le conflit de 2014. Il a ajouté que certaines des victimes étaient membres du Hamas et du Djihad islamique comme ces organisations l’ont reconnu.

Pointant la gravité de la situation sanitaire à Gaza, les hôpitaux étant submergés par l’afflux des blessés, le Coordonnateur spécial a exhorté Israël, l’Égypte et les autorités palestiniennes à faciliter l’évacuation des personnes grièvement blessées.

M. Mladenov a de nouveau appelé les parties à faire preuve de retenue et à prévenir l’escalade. « Il est impératif que les civils, en particulier les enfants, ne soient pas visés, ne soient pas utilisés comme des boucliers pour dissimuler des activités militantes et ne soient pas en danger », a-t-il dit.

Le Coordonnateur spécial a indiqué que les récents développements à Gaza sont un rappel douloureux des conséquences dévastatrices de l’absence de paix entre Israéliens et Palestiniens. Alors que les manifestations vont se poursuivre, M. Mladenov a appelé à des efforts accrus pour une résolution pacifique du conflit.

« Nous devons lancer un appel collectif à toutes les parties pour qu’elles s’abstiennent de mesures unilatérales qui nous éloignent de la paix et qu’elles œuvrent au contraire pour mettre un terme à l’occupation et promouvoir l’objectif d’une paix juste et durable, se matérialisant par deux États, Israël et la Palestine, à laquelle appartient Gaza, vivant côte à côte dans la paix et sécurité ».