Nouvelles règles sur l’agriculture et l’alimentation biologiques

La nouvelle législation sur l’agriculture biologique a été négociée pour 20 mois. Comment évaluez-vous les résultats ? Quels sont les points principaux de la réforme et pourquoi était-elle nécessaire ?

La réforme tient compte des nouveaux défis de l’agriculture biologique. Le secteur est en pleine expansion. Des contrôles anti-fraude seront effectués plus régulièrement et de nouvelles mesures de précaution contre la contamination seront mises en place.

 

Les importations de produits biologiques devront répondre aux mêmes exigences que celles fixées dans l’Union européenne.

La nouvelle législation inclut des règles sur la production agricole, l’élevage, l’aquaculture et crée de meilleurs systèmes d’information entre les États membres. Elle harmonise aussi les responsabilités et les systèmes de certification et abandonne le principe de production de plantes hors sol même en serre.

 

 

Les règles concernant les semences sont une grande nouveauté. Dans le futur, les fournisseurs seront capables d’offrir des variétés traditionnelles plus adaptées localement, souvent plus robustes et plus résistantes aux maladies. Jusqu’à présent, contrairement aux États-Unis, ces variétés ne pouvaient pas être utilisées en Europe ou ne pouvaient être vendues que sous certaines conditions.

Quels sont les avantages pour les agriculteurs européens ?

Ils sont nombreux !

Tout d’abord, il y a la certification de groupe qui permettra aux petits producteurs et aux transformateurs de se regrouper afin de réduire le prix des certifications et des contrôles

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Ensuite, concernant les importations, l’harmonisation des standards de production pour les pays tiers avec lesquels aucun accord commercial bilatéral n’existe les obligera à s’aligner aux standards européens. À présent, il existe plus de 64 standards de production différents autour du globe. Les agriculteurs européens peuvent donc s’attendre à des conditions plus équitables dans le futur.

 

 

Panneau de certification d’agriculture biologique

 

 

Le Parlement est parvenu à maintenir des contrôles annuels axés sur le processus. Cependant, les intervalles entre chaque inspection peuvent être élargis à 24 mois si aucune irrégularité ou infraction n’a été détectée durant les trois dernières années.

De plus, l’échange d’information va être amélioré. Les éleveurs biologiques vont pouvoir offrir leurs biens publiquement via des plateformes dans les États membres.
Les agriculteurs et les jardiniers ainsi que les États membres et la Commission auront une meilleure vue d’ensemble de la disponibilité des plantes cultivées et des animaux élevés biologiquement.

L’industrie de l’alimentation biologique n’est plus un marché “niche”. Comment ces règles vont-elles tenir compte des exigences des consommateurs sur la qualité ? Quels seront les bénéfices de ces règles pour les consommateurs ?

Les standards de qualité dans l’alimentation biologique sont déjà très élevés mais la confiance des consommateurs peut plus facilement être renforcée si les règles sont claires et compréhensibles. Dans ce cas, la nouvelle régulation y contribue de façon positive.

De plus, beaucoup de règles qui offrent plus de sécurité aux producteurs sont positives également pour le consommateur. Les contrôles annuels dont nous parlions plus tôt signifient que les consommateurs peuvent être surs que les compagnies sont régulièrement inspectées.

 

 

 

Les nouvelles règles sur les importations sont positives pour les consommateurs. Ils bénéficieront de l’harmonisation des hauts standards de qualité.

Les règles sur le bien-être animal ont aussi été améliorées. Couper la queue des cochons et leur arracher les dents est maintenant interdit. L’épointage du bec est toujours autorisé mais uniquement dans les trois premiers jours de vie. La coupe de la queue des moutons et l’écornage sont exceptionnellement autorisés et au cas par cas. Des dispositions supplémentaires pour améliorer les conditions d’hébergement des porcs ont été prises.

L’utilisation de pesticides est un des principaux problèmes. Comment sera-t-elle réglementée ?

Même si la question des seuils de pesticides a fait l’objet d’un débat très animé, les nouvelles règles diffèrent peu de la situation légale actuelle. Les entrepreneurs biologiques doivent continuer à prendre des mesures de précaution, spécialement lors du transport et du stockage.
Les États membres peuvent toujours demander aux fermes de respecter des seuils plus stricts que ceux fixés actuellement.

Une nouvelle exigence est que l’autorité ou l’organisme de contrôle doit agir rapidement en cas de suspicion.
Il est très important de se pencher sur le problème de la gestion des résidus de pesticides dans le futur. Le secteur, les politiciens et les experts des autorités devraient continuer à travailler intensivement sur le problème et développer des stratégies de minimisation, dans le but, entre autres, de ne pas perdre la confiance des consommateurs.