Victime d’un braquage, MSF suspend ses activités à Bria

Dans la nuit du 6 au 7 avril 2018, des hommes armés ont forcé l’entrée de la base MSF de Bria, menacé des membres de l’équipe présente sur place, et volé des biens essentiels au déploiement de l’aide médicale humanitaire.

 

Suite à ce braquage, MSF se voit contrainte d’évacuer une partie de son équipe et par conséquent de réduire ses activités. C’est ainsi que les consultations externes qu’elle avait l’habitude de réaliser à l’hôpital, sur le site de PK3 ou au quartier Bornou seront suspendues à compter du lundi 09.04.2018 et pour une durée indéterminée. Seules les urgences vitales continueront à être prises en charge au niveau de l’hôpital et de PK3.

 

« MSF regrette ne pas pouvoir assurer la continuité des soins de qualité qu’elle a l’habitude de dispenser à l’ensemble de la population de Bria, mais nous n’avons guère le choix, » explique Jean-Pierre Kaposo, responsable du projet MSF. « Il est essentiel pour nous que tout le monde réalise que si la sécurité des équipes médicales n’est pas garantie, c’est la santé de toute la population qui est en danger. »

L’association offre des soins médicaux gratuits à la population de Bria depuis août 2013. En 2017, son équipe y a réalisé près de 50 000 consultations externes, elle a traité plus de 31 000 cas de paludisme et pris en charge plus de 350 blessés.

« Le mandat de MSF consiste à apporter une aide médicale neutre, impartiale et gratuite à ceux qui en on le plus besoin lors de conflits, de déplacements de population ou d’épidémies, ceci afin de préserver un minimum de dignité humaine même au pire des crises, » continue Jean-Pierre Kaposo. « Nous ne pouvons le faire sans la collaboration de chacun. »

 

Lundi 16 avril, MSF a repris les consultations externes à l’hôpital de Bria, sur le site de PK3 et au quartier Bornou.

« Nous sommes engagés à apporter des soins médicaux gratuits et de qualité aux habitants de Bria et plus spécifiquement aux enfants qui constituent la couche la plus vulnérable de la population.

C’est pour eux que nous avons décidé de reprendre les consultations externes » explique Jean-Pierre Kaposo, responsable du projet MSF. « Nous souhaitons toutefois réitérer qu’il est inacceptable de s’attaquer aux structures de santé, aux ambulances ou au personnel médical, et que si la sécurité de ces personnes et de ces lieux n’est pas garantie, c’est la santé de toute la population qui est en danger ».

MSF a demandé la collaboration de chacun afin de faire respecter la mission médicale et de limiter les effets néfastes du conflit sur les civils.