Le HCR vient en aide à des milliers de déplacés dans le sud de la Libye

Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) indique avoir réussi à apporter cette semaine une aide urgente à des centaines de familles déplacées dans la ville de Mourzouk, au sud de la Libye.

 

Selon l’Agence de l’ONU pour les réfugiés, cette région méridionale libyenne a désespérément besoin d’aide humanitaire.

En effet, « de récents affrontements meurtriers entre des groupes armés dans et autour de la ville de Sabha ont forcé environ 1.900 familles libyennes à fuir leurs domiciles », a déclaré le porte-parole du HCR lors d’un point de presse ce vendredi à Genève.

Selon Andrej Mahecic, un convoi d’aide d’urgence du HCR a ainsi quitté la capitale libyenne, Tripoli le 4 avril dernier. Sept camions chargés d’articles d’aide de première nécessité ont pu entrer à Sabha le jour suivant où ils ont distribué une aide humanitaire à 850 familles déplacées.

 

 

 

 

« L’accès à Mourzouk et Oubari plus au sud a été initialement bloqué pour des raisons de sécurité, et l’aide a dû attendre à Sabha », a ajouté Andrej Mahecic. Toutefois, au début de cette semaine, la population locale a commencé à emprunter les routes principales de Sabha à Mourzouk.

Cela a offert une fenêtre d’opportunité au HCR pour acheminer urgemment des articles de secours essentiels à la ville de Mourzouk où, mercredi 18 avril, 370 familles déplacées ont finalement reçu l’aide dont elles avaient grandement besoin.

 

 

 

 

En Libye, plus de 184.000 déplacés internes ont besoin d’aide humanitaire et 368.000 personnes ont récemment regagné leur foyer, selon le HCR. Pour répondre aux besoins de plus d’un demi-million de Libyens déracinés par le conflit, le HCR a augmenté ces derniers mois de 300% sa capacité et ses ressources.

 

L’OIM rapatrie 155 migrants vers la Gambie

L’Agence onusienne basée à Genève rappelle que la population libyenne déplacée dans le sud a cruellement besoin d’abris adéquats et d’articles ménagers de première nécessité, notamment des trousseaux d’hygiène, des matelas et des ustensiles de cuisine.

Cette situation humanitaire est d’autant plus préoccupante que l’accès humanitaire dans cette partie de la Libye a été restreint pendant des semaines et la situation reste extrêmement volatile. « Beaucoup ont cherché refuge dans les écoles, les hôpitaux et autres bâtiments publics », a fait remarquer le porte-parole du HCR.

S’agissant de la situation humanitaire des migrants, l’Agence des Nations Unies des migrations (OIM) a indiqué avoir aidé 5.775 migrants à regagner leur pays depuis la Libye depuis le 1er janvier 2018, et plus de 12.000 depuis le 28 novembre 2017.

La dernière opération de rapatriement a eu lieu mardi dernier, avec le vol affrété par l’OIM et qui a aidé 155 migrants à rentrer chez eux en Gambie. Au total, 25.145 hommes, femmes et enfants d’une trentaine de pays différents ont pu être rapatriés depuis le 1er janvier 2017.

 

 

 

 

Toutefois, près de 18.575 migrants et réfugiés sont arrivés en Europe par la mer pendant les 108 premiers jours de cette année, dont environ 40 pourcent en Italie et le reste réparti entre la Grèce (38%), l’Espagne (20%) et Chypre (moins de 1%).

A la même date en 2017, ils étaient 43.645 à aborder les côtes européennes, et plus de 205.613 en 2016. Selon l’OIM, les 559 décès recensés à ce jour cette année sur les itinéraires de la Méditerranée représentent une baisse d’environ 50 pour cent par rapport aux 1091 décès enregistrés en 2017.