UNE LISTE NOIRE DES EMPLOYÉS D’ONG EN HONGRIE

Figyelõ, hebdomadaire progouvernemental, a publié un article intitulé « Les spéculateurs » (à propos d’un prétendu réseau Soros), qui établit une liste noire de membres de l’exécutif et du personnel de plusieurs ONG. Amnesty International Hongrie et d’autres organisations sont dans le viseur.

 

Le Comité Helsinki de Hongrie, l’Union pour les libertés civiles, Transparency International Hongrie et de nombreuses autres organisations de la société civile sont cette fameuse liste.

Sur cette liste figurent également les journalistes de Direkt36, un site de journalisme d’investigation, ainsi que les enseignants de l’université d’Europe centrale.

 Julia Ivan, directrice d’Amnesty International Hongrie nous raconte son quotidien : « Chaque matin, nous nous levons en nous demandant quel nouveau mensonge abject nous allons lire dans les médias gouvernementaux. La liste publiée le 12 avril est la dernière tentative en date d’intimider le personnel, les membres et les sympathisants des ONG. »

Je tiens à exprimer ma surprise et mon indignation. Mais il serait encore plus juste de dire que je suis peinée et quelque peu écœurée. 

Julia Ivan, directrice d’Amnesty International Hongrie

Elle rajoute : « Mauvaise nouvelle pour le gouvernement : nous n’avons pas peur, nous n’allons pas céder. Nous allons continuer d’œuvrer pour les valeurs et les droits humains que les autorités ont oubliés depuis longtemps. »

Ces organisations soutiennent et représentent des dizaines de milliers de personnes. En les attaquant, le gouvernement ne tient pas compte des besoins de ces personnes.

S’il parvient à ses fins et supprime de Hongrie toutes les ONG qui défendent les droits humains, les personnes vulnérables vont rester sur le carreau, sans aide ni soutien. Ce ne sont pas seulement les ONG qui sont attaquées, tout le monde est concerné. Nous devons tous réagir en faisant entendre notre voix et en disant clairement : nous ne nous laisserons pas intimider.