L’UNESCO apporte son soutien au secteur de l’industrie musicale au Maroc

Le Maroc a pris récemment des initiatives importantes en faveur des artistes et de la créativité.

 

Une nouvelle loi sur le statut de l’artiste, le fonds de mobilité artistique « Africa Art Lines » et la création du Bureau export de la musique marocaine (MoMEx) font partie des mesures pour renforcer notamment le secteur de l’industrie musicale, conformément aux objectifs de la Convention de l’UNESCO de 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, ratifiée par le Maroc en 2013.

Un potentiel des industries culturelles

La nouvelle loi, outre les autres mesures, ont été détaillées dans le rapport périodique de 2017 du Maroc sur la mise en œuvre de la Convention de 2005. Ces mesures font écho aux conclusions d’une nouvelle étude réalisée en  2016 par le Ministère de l’économie et des finances, démontrant l’immense potentiel des industries culturelles en termes de croissance, d’emploi, d’inclusion territoriale, et d’échanges de biens et de services.

Des défis demeurent cependant. En 2014, selon un rapport statistique du Ministère de la Culture, l’export de disques de musique et autres médias numériques s’élevait à 36 millions de dirhams marocains (3,9 millions de dollars US), tandis que l’import s’élevait à 197 millions de dirhams marocains (21,3 millions de dollars US).

Trop rares encore sont les opportunités d’emploi pour les créateurs et aux producteurs de musique de dépasser.

Au cours des dernières années, le nombre de festivals artistiques a augmenté de manière considérable, tout comme certains festivals de musique (Visa for Music à Rabat, par exemple). Mais des politiques efficaces doivent encore adopter une approche globale de la chaîne de valeur (depuis la création jusqu’à l’accès en passant par la production et la distribution) et s’adapter aux changements qu’impose le passage au numérique. 

Une réunion de consultation à Rabat

Des statistiques récentes du ministère de la Culture également montrent qu’à partir de 2015, les femmes ne représentaient que 22 % des artistes à détenir la carte professionnelle fournie par le ministère. Dans le domaine de la musique, le chiffre tombe à 15 %, alors qu’a été adopté un Plan gouvernemental pour l’égalité « ICRAM » (2012-2016), qui comprend des mesures visant à promouvoir la participation des femmes au sein des industries créatives.

C’est dans ce contexte que l’UNESCO a organisé à Rabat, le 13 mars 2018, une réunion de consultation sur la mise en oeuvre du projet « La musique comme moteur du développement durable au Maroc ».

Financé par le Ministère fédéral allemand pour la coopération économique et le développement et mis en œuvre par le Bureau de l’UNESCO pour le Maghreb en coopération avec le Ministère de la Culture et de la Communication, ce projet pilote de deux ans vise à renforcer, par des politiques et mesures adaptées, le secteur de la musique comme source d’intégration, d’emploi et de revenus, notamment pour les jeunes.

Parmi les activités prévues : élaboration d’une stratégie nationale, soutien à la professionnalisation de l’éducation musicale, mise en œuvre de projets pilotes de résidences d’artistes, et actions en faveur de la distribution numérique.

« Il faut tirer parti du potentiel élevé de la culture et des industries créatives pour la création de valeur, de revenus et d’emploi, en particulier pour les jeunes, tout en mettant l’accent sur l’éducation et la formation » a souligné Mme Marcela Masiarik, représentante du ministère allemand.

La réunion de consultation à Rabat a été précédée, le 12 mars d’une présentation publique du nouveau Rapport mondial 2018 de l’UNESCO « Re|penser les politiques culturelles », suivie d’un débat, avec la participation notamment de Brahim El Mazned, directeur du festival Visa for music, et de Christine M. Merkel, directrice du programme Culture à la Commission nationale allemande pour l’UNESCO.

« Garantir la pluralité et la diversité des expressions culturelles est essentiel.  Le festival Visa For Music, le Bureau export de la musique marocaine (MoMEx) ou des projets tels que la réalisation d’anthologies de la musique au Maroc permettent de mettre en pratique les principes de la Convention de 2005. Ils font de la culture un réel facteur de développement économique et social durable, » a souligné Brahim El Mazned lors du débat.

Ce rapport mondial évalue de façon régulière l’impact des politiques et mesures prises dans le monde pour mettre en œuvre la Convention de l’UNESCO de 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, ratifiée par le Maroc en 2013.

Il offre, de ce fait, un regard nouveau sur les innovations et défis en matière de gouvernance de la culture et de soutien aux politiques de créativité, à travers différentes thématiques : politique culturelles, domaine du numérique, société civile, développement durable, mobilité des artistes, égalité des genres, et liberté artistique.

« Au Maroc, comme par-delà le monde, il convient d‘inventer des politiques publiques qui soutiennent une offre culturelle riche, diverse, accessible. Grâce aux plateformes numériques, aux stratégies d’exportation et aux nouveaux schémas de mobilité Sud-Sud, de nouvelles voix émergent, » a conclu Christine M. Merkel.

M. Abdelhak Afandi, Directeur, Direction des Arts, Ministère de la Culture et de la Communication, Mme. Antje Göllner-Scholz, Chef de la Coopération, Ambassade de la République fédérale d‘Allemagne au Maroc et M. Michael Millward, Directeur p.i, Bureau de l’UNESCO pour le Maghreb, ont ouvert conjointement la réunion de consultation.