Mexique : l’ONU pointe des cas de tortures dans l’enquête sur la disparition des étudiants d’Ayotzinapa

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a de bonnes raisons de croire que l’enquête portant sur la disparition de 43 étudiants mexicains en 2014 a été entachée de torture et de dissimulations.

 

En examinant les cas de 63 personnes poursuivies en lien avec la disparition des étudiants de l’école normale d’Ayotzinapa, à Guerrero, le HCDH a mis en lumière certaines des lacunes des premières étapes de l‘enquête.

Dans un rapport intitulé ‘Double Injustice – violations des droits humains dans l’enquête sur l’affaire Ayotzinapa’, le HCDH a indiqué qu’il avait de solides raisons de croire qu’au moins 34 de ces personnes avaient été torturées, sur la base des dossiers judiciaires, y compris des dossiers médicaux, et d’entretiens avec les autorités, les détenus et les témoins.

Zeid Ra’ad Al Hussein

« Les conclusions du rapport indiquent une tendance à commettre, tolérer et dissimuler la torture dans l’enquête sur l’affaire Ayotzinapa », a déclaré jeudi Zeid Ra’ad Al Hussein, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme.

 

« Cela ne viole pas seulement les droits des détenus, mais aussi le droit à la justice et à la vérité pour les victimes des événements de septembre 2014, leurs familles et pour la société dans son ensemble », a ajouté le Haut-Commissaire.

 

Le rapport de l’ONU souligne comment des personnes ont été arbitrairement détenues et torturées pour obtenir des informations ou des aveux, ainsi que les retards importants dans leur comparution devant un procureur, les plaçant ainsi souvent en dehors de la protection de la loi.

Le rapport indique que l’unité de contrôle interne du Bureau du Procureur général de la République (OAG) semble avoir fait un réel effort en 2016 pour répondre à certaines allégations de torture ou d’autres violations des droits de l’homme, mais cette enquête interne a été contrecarrée par le remplacement des fonctionnaires de l’unité.

À ce jour, il n’y a pas eu de poursuites et de sanctions pour les actes de torture ou d’autres violations des droits de l’homme, indique le rapport.

« Ayotzinapa est un test de la volonté et de la capacité des autorités mexicaines à s’attaquer aux violations graves des droits de l’homme », a déclaré M. Zeid,

Le chef des droits de l’homme de l’ONU a exhorté les autorités mexicaines à veiller à ce que la recherche de la vérité et de la justice continue et que les responsables des actes de tortures et d’autres violations des droits de l’homme commis au cours de l’enquête rendent des comptes.