Syrie : l’ONU prévoit un nouveau convoi humanitaire vers la Ghouta orientale jeudi

Les Nations Unies ont annoncé mardi qu’elles tenteront d’envoyer jeudi un nouveau convoi d’aide humanitaire dans l’enclave syrienne de la Ghouta orientale assiégée par les forces gouvernementales.

 

Jens Laerke

« L’ONU et ses partenaires sont toujours prêts à fournir la deuxième partie de l’aide à apporter à Douma le 8 mars comme prévu, mais si les conditions le permettent. Toutes les mesures de sécurité doivent être garanties pour que les humanitaires puissent fournir cette aide », a déclaré Jens Laerke, porte-parole du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) à Genève.

 

Lundi, 14 des 46 camions qui ont pu se rendre dans la région n’ont pas réussi à décharger la totalité de leurs cargaisons en raison des bombardements sur la ville de Douma.

« Mais la mission a dû être interrompue en raison de l’escalade de la violence et de l’insécurité », a fait remarquer M. Laerke. « Après environ neuf heures sur place, la décision a été prise de partir pour des raisons de sécurité et d’éviter de mettre en danger la sécurité des équipes humanitaires sur le terrain ».

 

Ghouta orientale : des crimes attribués à Damas

De son côté, dans son 15e rapport en un peu plus de six ans d’existence, la Commission d’enquête indépendante de l’ONU sur la Syrie plaide pour que les demandes de justice lancées par les victimes soient « une composante centrale » de toute solution durable après sept ans de conflit.

Lors d’une conférence de presse mardi à Genève, les enquêteurs onusiens ont estimé que l’attaque chimique en novembre dernier à Harasta, dans la Ghouta orientale, peut « raisonnablement » être attribuée au gouvernement syrien.

La Commission a également accusé Damas de nouveaux crimes de guerre. Les forces gouvernementales sont mises en cause pour d’autres crimes dans la Ghouta orientale où elles ont recouru de manière indiscriminée à des armes à sous-munitions et ont ciblé des centres de santé. D’autres établissements médicaux ont également été pris pour cible dans deux autres régions dont celle d’Idlib.

De leur côté, les rebelles de la Ghouta orientale sont accusés de continuer leurs violences sur Damas. Ils ont mené sur la capitale syrienne des attaques indiscriminées, qui ont tué ou blessé des dizaines de personnes. Les djihadistes de l’Etat islamique (EI) sont aussi accusés de crimes de guerre à Raqqa pour avoir utilisé des boucliers humains.

 

Des frappes de la Russie et des Etats-Unis mises en causes

Par ailleurs, la Commission d’enquête indépendante de l’ONU sur la Syrie a ciblé pour la première fois clairement la Russie pour un possible crime de guerre. « Nous avons de bonnes preuves » sur la responsabilité des forces russes dans le bombardement d’un marché en novembre dernier à Atarib, près d’Alep, a dit devant la presse le président de la Commission, Paulo Sergio Pinheiro. Plus de 80 personnes avaient été tuées et environ 150 personnes avaient été blessées.

La Commission a également dénoncé un raid de la coalition menée par les Etats-Unis à Al-Mansourah qui a tué au moins 150 déplacés dont des femmes et des enfants.

Parmi ses nouvelles recommandations, les enquêteurs souhaitent notamment que les parties négocient un mécanisme pour la libération des détenus politiques et arbitraires et que la communauté internationale soutienne un dispositif international sur les personnes portées disparues.