RDC : l’enquête sur des attaques contre les Casques bleus pointe du doigt le groupe armé ADF

Les enquêteurs chargés d’examiner trois récentes attaques ayant visé des Casques bleus en République démocratique du Congo (RDC) ont conclu que ces attaques avaient été menées selon un mode opératoire similaire et que toutes les preuves disponibles indiquaient que le groupe armé ADF (Forces démocratiques alliées) était l’attaquant.

 

 

Dmitri Titov

Début janvier, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, avait annoncé la nomination du Russe Dmitri Titov à la tête de cette enquête sur ces attaques dans le territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu, dont celle du 7 décembre 2017 à Semuliki, au cours de laquelle 15 Casques bleus tanzaniens avaient été tués, 43 autres blessés et un disparu, et deux attaques contre des Casques bleus tanzaniens près de Mamundioma le 16 septembre et le 7 octobre 2017.

 

 

Obsèques des casques bleus Tanzaniens

 

Les enquêteurs étaient chargés d’examiner les circonstances entourant ces attaques, d’évaluer la préparation de la Mission des Nations Unies en RDC (MONUSCO) et sa réaction aux événements et de fournir des recommandations sur la façon d’empêcher de telles attaques de se produire à l’avenir ou lorsqu’elles se produisent, d’éviter de telles conséquences meurtrières.

Outre l’identification de l’attaquant, les enquêteurs ont découvert un certain nombre de lacunes dans la formation et la posture de la MONUSCO et de sa Brigade d’intervention.

L’équipe d’enquête a aussi noté que la mission n’avait pas de plan d’urgence pour renforcer et extraire ses Casques bleus pendant l’attaque. Les problèmes de commandement, de leadership et le manque de moyens aériens, d’ingénieurs et de renseignements ont constitué également des obstacles majeurs.

Les enquêteurs ont recommandé que la MONUSCO, le siège à New York et les pays contributeurs de troupes poursuivent activement une stratégie visant à rendre la Brigade d’intervention « plus robuste, plus souple et mieux adaptée aux opérations offensives, en particulier dans les zones reculées et difficiles ».

Au-delà des opérations militaires, l’équipe d’enquête a également souligné l’importance d’un engagement renforcé avec les acteurs politiques régionaux et les parties prenantes pour mieux comprendre et combattre la menace posée par le groupe armé ADF.

Sur la base des conclusions de l’équipe d’enquête spéciale, la MONUSCO a actualisé son plan d’action sur l’amélioration de la sécurité des soldats de la paix, élaboré en réponse au rapport du général Santos Cruz, pour y inclure les recommandations spécifiques aux incidents de Semuliki et de Mamundioma.

Entre-temps, la mission a installé un éclairage périmétrique, modernisé l’infrastructure de communication et amélioré les périmètres de sécurité de plusieurs de ses bases. La MONUSCO continue de déployer des efforts pour localiser le soldat de la paix de l’ONU disparu depuis l’attaque de Semuliki. La Mission a pris également des mesures pour rendre la Brigade d’intervention plus opérationnelle.