Regain de violence au Yémen : Les civils fuient par milliers

Le HCR s’alarme par la flambée de violence qui a déplacé plus de 85 000 personnes dans tout le pays depuis décembre 2017.

 

Rahaf Ali Bedaish, 8 ans, porte son petit frère de 2 ans, Ahmed, devant leur tente dans l’installation de Dharawan. Originaires du gouvernorat de Taizz, ils sont déplacés depuis le début du conflit.   © HCR/Mohammed Hamou

 

AL HUDAYAH, Yémen – Dans l’ensemble du pays, de nouveaux affrontements continuent de contraindre les civils à fuir leurs foyers, aggravant toujours plus la pire crise humanitaire du monde et pesant encore davantage sur des ressources trop rares, a déclaré ce jour le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés.

Plus de 22 millions de personnes sont dans le besoin et plus de 85 000 ont été déplacées par le conflit persistant qui a en outre détruit l’économie et laminé les services sociaux.

Hayat Saif, une mère célibataire qui a fui Al Khawkah le mois dernier, décrit la récente flambée de violence comme la pire qu’elle ait connue depuis le début du conflit.

« Il est arrivé un stade où les affrontements étaient si violents qu’on a été obligés de partir, » dit-elle. « On dormait sous les meubles juste pour essayer de se protéger. Certaines des familles qui sont restées doivent maintenant se cacher dans les caves. »

 

« On espère que cette horrible guerre va finir. »

La côte ouest du pays demeure un lieu majeur de nouveaux déplacements, 71 % des déracinés étant originaires des gouvernorats d’Al Hudaydah et de Taëz. Pour la plupart, les personnes déracinées sont hébergées par des parents ou des amis, prises au piège dans leur propre maison ou cachées dans des caves pendant que les combats sur le terrain, les bombardements  et les tireurs embusqués font rage.

Le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, est particulièrement inquiet pour les personnes vivant dans des zones proches des affrontements dans les gouvernorats de Taïzz et d’Al Hudaydah.

Cécile Pouilly, porte-parole du HCR

« Du fait des combats prolongés dans ces deux gouvernorats, les conditions continuent de se détériorer rapidement, exposant la population privée des services essentiels à la violence et à la maladie, » a déclaré Cécile Pouilly, porte-parole du HCR lors d’un point de presse à Genève.

 

 

Le HCR a également constaté une brusque augmentation de nouveaux déplacements depuis d’autres zones du front, en particulier les gouvernorats d’Al Jawf et de Hajjah à la frontière du Yémen.

 

 

Sawsan, 26 ans, a fui Saada avec sa famille.   © HCR/Yahya Arhab

 

 

À Hajjah, qui accueille déjà 19 % des deux millions de déplacés internes, les éruptions persistantes de violence ont incité près de 2000 personnes à fuir leurs foyers durant les dernières semaines.

Depuis le début du conflit, le HCR apporte sur le terrain une aide d’urgence et des services de protection aux Yéménites vulnérables. L’agence a distribué des articles de première nécessité, tels que des matelas, des couvertures, des nattes, des batteries de cuisine et des seaux à plus d’un million d’hommes, de femmes et d’enfants déracinés par le conflit. Pourtant, les fonds manquent et n’arrivent qu’au compte-goutte.

Pour 2018, Le HCR a lancé un appel de fonds de 200 millions de dollars afin de répondre aux besoins humanitaires critiques et prioritaires, mais a commencé l’année avec à peine 3 % des financements demandés.

Pour Fatemah Murai et ses trois petites-filles orphelines déplacées de Nihm, un district de la capitale, Sanaa, et haut-lieu du conflit, l’aide du HCR est devenue une bouée de sauvetage.

« Nous avons perdu notre terre, notre maison et nos meubles et nous sommes retrouvés sans rien en l’espace d’une nuit. C’est la première fois qu’on nous apporte de l’aide depuis que nous sommes déplacées, » dit-elle. « On espère que cette horrible guerre va finir et que les parties combattantes nous laisseront vivre en paix. »