Haïti : l’ONU est déterminée à appuyer les autorités dans le renforcement de l’Etat de droit

Le renforcement de l’Etat de droit et l’amélioration du fonctionnement de la police nationale et du système judiciaire en Haïti nécessiteront une volonté politique de la part des autorités et l’ONU est déterminée à apporter son appui pour atteindre cet objectif, a déclaré la Sous-Secrétaire générale des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix, Bintou Keita.

 

Mme Keita, qui occupe son poste depuis septembre 2017, s’est rendue du 5 au 9 février 2018 en Haïti pour soutenir les efforts de la nouvelle Mission des Nations Unies pour l’appui à la justice en Haïti (MINUJUSTH), pour discuter avec le gouvernement haïtien et d’autres partenaires du mandat de la MINUJUSTH et pour s’assurer que les droits de la personne sont au cœur du programme de développement durable d’Haïti.

Etablie en octobre 2017, la MINUJUSTH a succédé à une précédente Mission de maintien de la paix des Nations Unies, la MINUSTAH, avec un mandat du plus restreint du Conseil de sécurité de l’ONU, consistant à aider le gouvernement haïtien à renforcer les institutions de l’Etat de droit.

 

Dans un entretien à ONU Info, Mme Keita a rappelé que le Conseil de sécurité a donné un bref mandat de 2 ans à la Mission, à compter d’avril 2018, pour aider Haïti à surmonter des « problèmes systémiques » et « pour que des progrès fondamentaux se passent dans le secteur de la justice, du système judiciaire mais aussi de la sécurité et des droits de l’homme et de l’Etat de droit ».

Elle a ajouté que tous les interlocuteurs en Haïti ont convenu que le système judiciaire était la plus faible des trois branches du gouvernement.

 

Photo  de couverture MINUJUSTH/Leonora Baumann
La Sous-Secrétaire générale des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix, Bintou Keita (2e à partir de la gauche), discute avec le Président haïtien, Jovenel Moïse, à Port-au-Prince, en Haïti.

 

Sa visite a consisté essentiellement à discuter des jalons, ou des repères, qui vont permettre de mesurer la prise en charge progressive des responsabilités par les autorités haïtiennes dans le domaine de l’Etat de droit, afin de permettre au Conseil de sécurité de retirer la Mission d’ici le printemps 2020.

 

Créer une confiance entre la population et le système judiciaire

La Sous-Secrétaire générale a aussi effectué une visite à Jérémie, dans le sud-ouest du pays, pour voir et entendre les réalités du terrain, où des équipes mobiles de la MINUJUSTH sont en contact avec les communautés locales pour savoir comment le système judiciaire fonctionne dans la pratique.

Elle a décrit sa visite dans une prison civile, se disant touchée par les conditions de vie des prisonniers, dont la plupart sont en détention préventive.

« C’est vraiment la vision d’un système qui est malade… Cela fait des années que le diagnostic est posé et ce dont on a besoin maintenant c’est d’une véritable volonté politique pour adresser les questions qui vont permettre d’effectuer un changement et de créer une confiance entre la population et le système judiciaire », a-t-elle dit.

 

 

La Sous-Secrétaire générale au maintien de la paix, Bintou Keita, sur sa visite en Haïti

 

 

Les prochaines étapes pour la MINUJUSTH, comme Mme Keita l’a exprimé dans une déclaration conjointe le 9 février avec le Président haïtien Jovenel Moïse, est de saisir l’opportunité de la présence de MINUJUSTH au cours des deux prochaines années pour consolider les acquis et redoubler d’efforts pour atteindre des objectifs communs ambitieux mais réalistes, préparant ainsi la stratégie de sortie de l’opération de maintien de la paix.

Les efforts seront focalisés sur la lutte contre l’impunité et la corruption, sur l’élimination de certains dysfonctionnements du système judiciaire, et sur des mesures dans le domaine de la détention préventive.

Selon Mme Keita, le renforcement des institutions de l’Etat de droit est un objectif de longue haleine. A court terme, toutefois, l’objectif est de montrer « des résultats visibles » pour permettre à la population de reprendre confiance dans la volonté des autorités « de faire des choses avec l’appui de la communauté internationale ».