Conférence de Munich : « L’Europe n’est pas un luxe : elle est une nécessité »

Depuis 1963, la Wehrkunde ou Conférence sur la sécurité de Munich, réunit chaque année chefs d’Etats et de gouvernements, ministres de la Défense et des Affaires étrangères, représentants d’organisations internationales et leaders économiques du monde entier afin de discuter des questions de sécurité.

Florence Parly,

L’édition 2018, qui se tient du 16 au 18 février, en présence notamment de la ministre des Armées, Florence Parly, a pour thème le rôle de l’Union européenne comme acteur global et ses relations avec la Russie et les Etats-Unis.

Antonio Guterres, Jean-Claude Juncker, Theresa May, ou encore Jens Stoltenberg. La Conférence de Munich a attiré comme chaque année les figures les plus importantes de la scène internationale pour débattre des questions actuelles relatives à la sécurité mondiale.

A l’occasion de cette édition 2018, c’est notamment l’Union européenne et ses relations avec la Russie et les Etats-Unis qui ont été au centre des débats. L’occasion pour le couple franco-allemand, représentée par la ministre des Armées, Florence Parly, et son homologue Ursula von der Leyen, de relancer l’Europe de la Défense.

Dans un monde où les menaces ne manquent pas, les Européens ont « un sérieux travail d’introspection à mener » a déclaré en substance Florence Parly vendredi 16 février en ouverture de la Conférence. « Alors menons-le. Face à ces évolutions, notre alliance avec les Etats-Unis, et son expression qu’est l’Otan, sont indispensables, et il faut tout faire pour les renforcer. »

Rappelant que la France se donnait les moyens de ses ambitions en consacrant 2% de son PIB à la défense d’ici 2025, la ministre a appelé l’Europe de la Défense à évoluer.

Trop de règlements, trop d’institutions, trop de structures illisibles, l’heure est désormais à l’action. « Nous devons faire évoluer nos institutions, le succès de l’Europe de la défense ne viendra pas des institutions, mais des opérationsIl s’agit de faire émerger une culture stratégique commune parmi les Européens. Ce ne doit pas être un concept, mais une pratique. »

Sur ce dernier point, la ministre des Armées s’est voulue très claire : « Cette capacité à intervenir en commun est parfaitement cohérente avec l’Otan. Cette capacité est aussi un moyen pour les Européens de prendre davantage leur part du fardeau ».

Avant de conclure : « Oublions le chagrin périodique de ceux qui veulent opposer l’UE et l’Otan. C’est un faux débat.  Regardons plutôt vers l’avenir, vers les nouveaux champs de la confrontation, l’espace, le cyber ».

La Conférence de Munich : de la Guerre froide à nos jours

Créée à l’automne 1963, la Conférence de Munich a changé à plusieurs reprises de nom (Wehrkundetagung, Internationale Wehrkunde Begegnung) mais sa philosophie est restée la même : offrir un espace de rencontres et de débats pour les responsables politiques désireux d’échanger sur les grandes questions de sécurité contemporaines.

A l’origine limité à un public issu du bloc de l’ouest et traitant de sujets liés à la Guerre froide, c’est aujourd’hui plus de 500 participants présents chaque année venant des quatre coins du monde (Chine, Brésil, Inde…) et de profils variés (chef d’entreprises, responsables d’ONG, militaires…).

Cette année, outre le rôle de l’Union européenne, les sujets abordés sont les conflits au Moyen-Orient, la menace croissante envers l’ordre international libéral et les tensions en Corée du Nord.