Les députés appellent la Turquie à lever l’état d’urgence

  • Les députés condamnent la répression de la Turquie face aux critiques concernant son attaque à Afrine
  • La Turquie devrait lever l’état d’urgence utilisé pour étouffer l’opposition
  • Les fonds européens devraient être subordonnés à l’amélioration de la situation en matière de droits de l’homme

Les députés ont dénoncé, dans une résolution, les centaines d’arrestations du gouvernement turc menées dans le but de censurer les critiques sur l’attaque militaire dans l’enclave d’Afrine.

Les députés condamnent les récentes arrestations de journalistes, de militants, de médecins et de citoyens ordinaires pour avoir exprimé leur opposition à l’intervention militaire turque dans l’enclave d’Afrine (Syrie), contrôlée par les Kurdes, dans une résolution adoptée jeudi 8 février à main levée.

 

Ils s’inquiètent fortement des conséquences humanitaires de l’attaque turque et mettent en gardent contre la poursuite de ces actions disproportionnées.

 

Répression massive contre la société civile et la liberté de la presse

 

L’état d’urgence déclaré après la tentative de coup d’État du 16 juillet 2016 sert actuellement de prétexte pour bâillonner davantage l’opposition légitime et pacifique, soulignent les députés, qui réitèrent leur ferme condamnation de la tentative de coup d’État manquée. Depuis, plus de 160 médias ont été fermés et la société civile fait l’objet d’une répression massive, ajoutent-ils.

 

 

Erdogan

 

 

Les députés exhortent les autorités turques à:

 

  • lever l’état d’urgence dans le pays;
  • libérer immédiatement et sans condition toutes les personnes qui ont été placées en détention pour simplement avoir effectué un travail légitime et exercé leur liberté d’expression et d’association ou qui sont détenues sans preuves, notamment le journaliste allemand Deniz Yücel et les quatre journalistes du Cumhuriyet toujours derrière les barreaux;
  • abandonner les charges retenues contre la journaliste finno-turque Ayla Albayrak, qui a été condamnée par contumace par un tribunal turc;
  • libérer le dirigeant d’une des principales ONG, Osman Kavala – son arrestation étant arbitraire et politisée;
  • abandonner les charges retenues contre le président d’Amnesty International en Turquie, Taner Kılıç, et ses coaccusés, étant donné qu’aucune preuve concrète n’a été produite à ce jour à leur encontre; et
  • rejeter la peine de mort et respecter la convention européenne des droits de l’homme.

 

Subordonner les fonds européens à la Turquie à l’amélioration de la situation

 

Les fonds destinés aux autorités turques au titre de l’instrument d’aide de préadhésion (IAP II) devraient être subordonnés à des améliorations dans le domaine des droits de l’homme, de la démocratie et de l’État des droits, rappellent les députés.

 

Ils invitent instamment la chef de la politique étrangère de l’UE, Federica Mogherini, le SEAE, la Commission et les États membres à continuer à évoquer avec leurs interlocuteurs turcs la situation des défenseurs des droits de l’homme, des militants politiques, des avocats, des journalistes et des universitaires en détention.

 

Contexte

 

En novembre 2016, les députés ont appelé à un gel temporaire des négociations d’adhésion à l’UE avec la Turquie, même si le pays devrait néanmoins rester « ancré » à l’Union européenne.

 

Les négociations d’adhésion avec la Turquie devraient être suspendues si les changements proposés à la constitution sont confirmés, étant donné qu’ils vont à l’encontre des critères d’adhésion à l’UE, ont averti les députés en juillet 2017.