DSPAP : les policiers ne peuvent s’opposer à être filmés en public

Cette information risque de faire un peu plus grincer des dents au sein des effectifs de la police parisienne.

 

Le tout récemment nommé au poste de Directeur de la Sécurité de Proximité de l’Agglomération Parisienne (DSPAP), Frédéric Dupuch, a publié au note le 1er février sur le droit à l’image dans la police.

 

 

Une note qui a du mal à passer

À l’heure où les policiers se sentent mal dans leurs rangers, la diffusion d’une note, reprise par Le Point, qui leur rappelle l’impossibilité pour eux de s’opposer à être filmés dans l’exercice de leur fonction, sur la voie publique, était-elle judicieuse ?

 

C’est en tout cas ce que semble penser Frédéric Dupuch dans son message adressé aux policiers parisiens qui précise : « dans l’exercice de leurs missions au quotidien, les policiers sont de plus en plus souvent confrontés à la captation de leur image ou de leurs paroles, et parfois à la diffusion de ces enregistrements dans les médias traditionnels ou sur Internet. », le directeur rappelle que les fonctionnaires de police « ne peuvent faire obstacle à l’enregistrement ou à la diffusion publique d’images ou de paroles à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions. »

 

 

 

 

et ajoute : « Par conséquent, les policiers, qu’ils soient en uniforme ou en civil, ne peuvent pas interpeller des journalistes ou des particuliers effectuant des enregistrements dans les lieux publics ou ouverts au public, ni leur retirer leurs appareils ou détruire les prises de vue effectuées ».

Enfin, Frédéric Dupuch enfonce le clou : « la diffusion de ces images dans les médias et sur Internet ne constitue pas, à elle seule, une infraction, quand bien même les agents seraient identifiables ».

Toutefois, le haut cadre précise que « les policiers peuvent déposer une plainte en cas de publication diffamatoire ou injurieuse de leur image ».

Des policiers à bout

Depuis plusieurs années, de nombreux policiers se plaignent de leurs conditions de travail, de l’insalubrité de nombre de leurs locaux et du fait que, selon eux, leur hiérarchie ne les soutienne pas, bien au contraire.

Un gardien de la paix exerçant dans l’agglomération parisienne, qui a souhaité garder l’anonymat, explique son sentiment après avoir appris l’existence de cette nouvelle note de rappel : « C’est une nouvelle preuve du décalage entre la hiérarchie et la base : nous sommes déjà au courant de la loi. D’une, cela sous entend que nous ignorons les lois. De deux, cela va donner du grain à moudre à ceux qui détestent la police et tentent par tous les moyens d’empêcher son action sur le terrain.

Ceux-là auront vite fait de nous ressortir les propos de notre directeur en nous narguant. Notre quotidien est assez difficile comme cela. C’est vraiment démotivant. Sans compter le risque terroriste actuel. »

actu17