Notre-Dame-des-Landes : le gouvernement doit abandonner le projet et s’attaquer à la mobilité durable

Alors que la mission de médiation a remis aujourd’hui son rapport d’expertise sur l’avenir du projet d’aéroport à Notre-Dame-Des-Landes au Premier Ministre, le Réseau Action Climat et ses associations membres pressent le gouvernement d’abandonner le projet d’aéroport.

 

 Des mesures structurantes sont attendues dans la future loi sur les mobilités pour permettre enfin la baisse des émissions de gaz à effet de serre dans les transports.

Au lendemain du One Planet Summit : réduire et non pas augmenter les émissions de gaz à effet de serre

De plus, le transport aérien et son développement ne doivent pas être soutenus mais limités par les pouvoirs publics pour lutter efficacement contre les changements climatiques.

Pour être sincère et cohérent quant à sa volonté de lutter contre les changements climatiques comme il l’a rappelé hier au Sommet sur le climat, Emmanuel Macron n’a d’autre choix que d’abandonner le projet d’aéroport à Notre-Dame-Des-Landes.

 

 

En effet, l’aéroport aurait pour effet d’aggraver l’étalement urbain et les déplacements routiers et de détruire une zone humide, qui constitue un important puit de carbone et une solution pour s’adapter aux effets des changements climatiques.

Pour cela, la taxation du kérosène serait un levier efficace pour réduire le trafic aérien et les émissions de gaz à effet de serre or c’est le seul carburant qui n’est absolument pas taxé.

Le Réseau Action Climat attend donc du gouvernement qu’il mette fin à l’exonération de taxe sur le kérosène, tout en anticipant les impacts sur les emplois concernés, ce qui permettra de lever les financements nécessaires au développement des alternatives à l’avion et à la voiture comme le train.

 

La future loi sur les mobilités : un chantier prioritaire pour agir pour le climat en France

La Ministre des Transports a clôturé aujourd’hui les Assises de la mobilité pour donner les grandes orientations de la future loi sur les mobilités.

Des mesures structurantes sont attendues par nos associations pour prendre enfin le virage de la transition énergétique dans les transports et promouvoir des formes de mobilité durables et partagées :

  • Une “règle d’or climatique” pour abandonner la construction et le financement de tout projet autoroutier ou aérien qui soit néfaste pour le climat et la santé.
  • La fin des avantages fiscaux pour les modes de transports les plus polluants comme le transport routier et aérien pour réduire leurs nuisances sur l’environnement et la santé et permettre le transfert de la route au ferroviaire pour transporter les marchandises.
  • L’allocation des recettes aux solutions alternatives pour rendre les transports plus écologiques comme le train accessibles au plus grand nombre, préserver le climat et la santé publique.
  • Des mesures de maîtrise de la demande en mobilité pour rendre l’aménagement et l’urbanisme plus cohérents avec les enjeux des transports (baisse des limitations de vitesses et moratoire sur l’extension des zones commerciales).
  • Un appel à projet de l’Etat de 750 millions dont une enveloppe annuelle de 200 millions d’euros pour le vélo, pour aider les collectivités à développer les solutions de transports publics, afin de répondre aux attentes de la population.
  • Des dispositifs cohérents pour encourager la mobilité durable au quotidien : une prime à la mobilité à la place de la prime à la conversion automobile, la réforme des frais réels automobiles, la généralisation de l’indemnité kilométrique vélo et la généralisation des zones à faibles émissions en ville pour lutter contre la pollution de l’air.

82 % de la population est prêt à changer de mobilité selon un sondage de WWF France/IFOP publié en novembre, il reste au gouvernement à mettre en place l’arsenal législatif pour mettre en adéquation la politique de transports avec les engagements de l’accord de Paris et la sortie des énergies fossiles et être cohérent avec le Plan climat en visant la neutralité des émissions de tous les gaz à effet de serre en les réduisant au maximum d’ici 2050.