La famille est impliquée dans près de la moitié des cas de traite d’enfants, selon l’OIM

Près de la moitié des cas de traite d’enfants identifiés supposent une participation de la famille, d’après de nouvelles données publiées mardi par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

 

Ces statistiques reposent sur des données publiées par le Counter-Trafficking Data Collaborative (CTDC), le tout premier portail sur la traite d’êtres humains à intégrer de telles données transmises par de multiples organismes.

L’ampleur de l’implication de la famille dans le processus de traite d’enfants est près de quatre fois plus grande que dans les cas de traite d’adultes. De plus, les garçons sont plus susceptibles d’être recrutés par un membre de la famille que les filles.

Les enfants sont le plus souvent victimes de traite à des fins d’exploitation sexuelle, de mendicité forcée et de travail domestique.

Les nouvelles données montrent aussi que les enfants sont plus susceptibles d’être contraints par des violences physiques, sexuelles et psychologiques, tandis que les adultes ont davantage tendance à être gardés sous contrôle par la confiscation de leurs documents ou par l’exploitation de leur statut irrégulier dans un pays étranger.

Le CTDC est un nouveau portail de données créé par l’OIM, en partenariat avec Polaris, une organisation non gouvernementale qui combat et prévient l’esclavage moderne et la traite d’êtres humains.

 

Directeur général de l’OIM, William Lacy Swing

« Notre Organisation joue un rôle prépondérant dans l’amélioration de l’accès à ces informations essentielles afin de renforcer les activités de lutte contre la traite », a déclaré le Directeur général de l’OIM, William Lacy Swing.

« L’esclavage moderne est un crime clandestin qui sévit dans l’ombre tandis que les efforts visant à le combattre ne reposent souvent que sur des informations incomplètes.

 

 

Bradley Myles, Directeur général de Polaris

C’est pourquoi l’exhaustivité des données est primordiale, afin que nous puissions exercer des pressions mieux ciblées sur la traite et aider davantage de survivants pour qu’ils puissent sortir de leur situation d’exploitation », a déclaré Bradley Myles, Directeur général de Polaris.

 

 

Le CTDC continue de créer des partenariats avec d’autres acteurs de la lutte contre la traite. L’ONG Liberty Asia en est la dernière contributrice en date. D’autres données seront transmises dans les prochains mois par diverses organisations partenaires de la lutte contre la traite à travers le monde.

En réponse à ces statistiques inquiétantes, l’OIM appelle les gouvernements et d’autres partenaires humanitaires et acteurs du développement à intensifier les interventions contre la traite ciblant les enfants, notamment en aidant les chefs de famille à faire les meilleurs projets à long terme pour eux et leur famille.

Les familles ne doivent pas se sentir obligées d’envoyer leurs enfants à l’étranger sans qu’ils n’y soient préparés ;

en permettant aux enfants de réduire leurs vulnérabilités en les aidant à identifier les situations potentiellement dangereuses ou abusives.

A reconnaître les relations toxiques qui ne reposent pas sur le respect mutuel, à savoir où et comment ils peuvent obtenir de l’aide et à comprendre les alternatives à leur disposition ; et en s’assurant que les systèmes de protection soient accessibles aux enfants, indépendamment de leur statut migratoire.