Mali : quatre Casques bleus et un soldat malien tués lors de deux attaques dans les régions de Ménaka et Mopti

Quatre Casques bleus de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) et un soldat malien ont été tués vendredi lors de deux attaques séparées dans les régions de Ménaka de Mopti.

 

« Ce matin, un détachement de la force de la MINUSMA a repoussé une attaque lors d’une opération coordonnée avec les forces armées maliennes (FAMas) dans la région de Ménaka», a indiqué la Mission dans un communiqué de presse.

« Selon un bilan provisoire, lors de l’attaque, trois Casques bleus de la MINUSMA ont été tués, et plusieurs ont été blessés, certains sont dans un état critique. Un soldat malien a aussi perdu la vie lors de l’attaque, un autre a été blessé », a ajouté la Mission.

Plusieurs assaillants ont également été tués lors de la riposte des Casques bleus et des forces armées maliennes, d’autres ont été blessés.

 

 

Des renforts aériens ont immédiatement été déployés afin de renforcer la sécurisation du périmètre et permettre les évacuations médicales.

La deuxième attaque a eu lieu vendredi vers midi contre un convoi de la force de la MINUSMA au nord de Douentza, dans la région de Mopti.

« Suite à l’attaque, les Casques bleus ont engagé une poursuite contre les assaillants. Cette attaque complexe, incluant l’usage d’engins explosifs et lance-roquettes, a coûté la vie à un Casque bleu et grièvement blessé trois autres », a indiqué la MINUSMA.

 

Mahamat Saleh Annadif

Le Représentant spécial du Secrétaire général au Mali et chef de la MINUSMA, Mahamat Saleh Annadif, a condamné fermement ces attaques qui endeuillent « une nouvelle fois la force de la MINUSMA, ainsi que les FAMas ».

« J’adresse mes condoléances aux familles des victimes et souhaite un prompt rétablissement aux blessés», a-t-il dit.

Il a rappelé que les attaques visant les forces de maintien de la paix des Nations unies peuvent constituer des crimes de guerre en vertu du droit international et a appelé à ce que les auteurs de ces attaques soient rapidement traduits en justice.

 

M. Annadif a salué « la bravoure de nos contingents et des FAMas dont l’engagement a permis de neutraliser plusieurs terroristes ». « J’en appelle à la vigilance, à la solidarité et à l’unité des Maliens pour faire face à la lâcheté de nos adversaires », a-t-il ajouté.

Condamnation du Conseil de sécurité

Le Conseil de sécurité de l’ONU a également fermement condamné l’attaque dans la région de Ménaka, qui a causé la mort de trois Casques bleus nigériens et d’un soldat malien.

Dans une déclaration à la presse, les membres du Conseil ont présenté leurs sincères condoléances aux familles des victimes, ainsi qu’au gouvernement du Niger, au gouvernement du Mali et à la MINUSMA. Ils ont souhaité un prompt et complet rétablissement aux blessés.

 

 

Le Conseil de sécurité s’est dit inquiet de la situation sécuritaire au Mali et de la dimension transnationale de la menace terroriste dans la région du Sahel. Les membres du Conseil ont exhorté « les parties prenantes maliennes à pleinement mettre en œuvre l’accord (de paix) sans délai supplémentaire ».

Par ailleurs, l’Expert indépendant sur la situation des droits de l’homme au Mali, Suliman Baldo, se rendra dans le pays du 27 novembre au 1 décembre 2017, dans un contexte des graves préoccupations liées aux retards persistants dans la mise en œuvre de l’accord de paix.

« Des abus et des violations graves des droits de l’homme continuent en dépit de la signature de l’Accord pour la Paix et la réconciliation en juin 2015. Lors de cette neuvième visite, je vais porter une attention particulière à la situation des victimes, y compris les femmes survivantes de violences sexuelles, et à la question de l’impunité », a dit l’expert.

Durant sa mission, M. Baldo rencontrera les autorités maliennes, le corps diplomatique, des représentants de la MINUSMA et des agences de l’ONU, des défenseurs des droits de l’homme, et des organisations de la société civile.