Zimbabwe : nouvelle arrestation d’une journaliste

Les journalistes ne sont pas des criminels, les gouvernements ont été avertis de cesser immédiatement de museler les médias et ont appelé à accélérer les enquêtes pour s’assurer que les auteurs sont traduits en justice.La police zimbabwéenne a arrêté une citoyenne américaine Martha O’Donovan, pour avoir « insulté » le président Robert Mugabe  dans un tweet

 

Alors que le monde commémore la Journée internationale contre l’impunité pour les crimes contre les journalistes, la société civile et la communauté des médias ont exprimé leur inquiétude face à l’impunité croissante et aux injustices perpétrées par les autorités gouvernementales contre les journalistes en service.

Aujourd’hui, la Fraternité des médias est perplexe avec un autre coup important que les autorités zimbabwéennes aujourd’hui, vendredi 03 Novembre 2017 arrête un citoyen américain et a confisqué son ordinateur portable affirmant qu’elle minait l’autorité ou insultait le président Robert Mugabe en retweetant un tweet.

 

Martha O’Donovan,

 

Les policiers de la République du Zimbabwe ont arrêté Martha O’Donovan, qui travaille pour Magamba TV, à l’aube à sa résidence de Harare et ont confisqué ses appareils électroniques, y compris son ordinateur portable, et l’ont détenue au commissariat central de Harare.

Le Zimbabwe est l’un des pays qui a été sous les feux de la rampe pour des raisons apparemment erronées, des cas d’arrestations illégales et une attaque sans précédent contre les médias, portant atteinte aux droits fondamentaux des citoyens à la liberté d’expression.

L’ Américaine a été arrêtée pour avoir comparé Mugabe à un « lutin »

Récemment, le reporter de Newsday, Richard Chidza, aurait été bousculé et giflé par des jeunes Zanu-PF lors d’une conférence de presse le 19 octobre 2017, exigeant qu’il révèle la source d’une histoire concernant une prétendue chute dans les rangs de la ligue de la jeunesse.

 

Robert Mugabe
Encore des persécutions

Le 29 septembre 2017, les journalistes Mugove Tafirenyika et Brighton Goko, qui travaillent pour le journal privé Daily News, ont été grièvement blessés après avoir été agressés par la police alors qu’ils couvraient une manifestation dans le quartier central des affaires de Harare.

L’Institut des médias d’Afrique australe (MISA) Le Zimbabwe a dissuadé le gouvernement zimbabwéen d’accorder à la profession de journaliste le droit de fonctionner et a appelé à des enquêtes sur les agressions de journalistes exerçant leurs fonctions professionnelles légitimes.

« Les enquêtes aideront à amener les coupables à réserver et à envoyer un message clair aux autres auteurs potentiels que le gouvernement ne tolère pas ces actes d’impunité gratuits contre les journalistes », peut-on lire dans le communiqué de la MISA.

Dans une déclaration commune, l’Union européenne et l’Union africaine ont appelé les autorités à assumer leur responsabilité de protéger les journalistes, d’établir une dissuasion significative contre les attaques violentes contre les professionnels des médias et de respecter pleinement leurs obligations internationales et continentales.

« Néanmoins, des journalistes continuent d’être tué et font face à un niveau croissant d’intimidation et de violence. Le mépris des droits fondamentaux des journalistes dans l’exercice de leur profession a engendré un climat d’impunité qui affecte non seulement les victimes mais aussi la liberté d’expression et la primauté du droit », peut-on lire dans la déclaration de l’UE et de l’UA.

À cet égard, l’ONU exhorte les États membres à faire tout leur possible pour prévenir la violence contre les journalistes et les professionnels des médias et à traduire les auteurs en justice ainsi qu’à promouvoir un environnement sûr et propice au travail indépendant et sans ingérence indue.

L’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé le 2 novembre Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes contre les journalistes en commémoration de l’assassinat de deux journalistes français au Mali le 2 novembre 2013.