Journée de la démocratie : un expert de l’ONU appelle à la démocratisation des médias

La démocratie et l’autodétermination sont cruciales pour la prévention des conflits nationaux, régionaux et internationaux, mais elles sont menacées par la diffusion de ‘fausses nouvelles’ et d’informations incomplètes et le politiquement correct, a affirmé vendredi, l’Expert indépendant des Nations Unies sur la promotion d’un ordre international démocratique, Alfred de Zayas.

 La démocratie est essentielle pour parvenir à un ordre mondial plus juste.

Ce n’est qu’en réfléchissant réellement aux intérêts des gens que les gouvernements peuvent endiguer la désillusion, l’exploitation et les conflits qui affligent le monde d’aujourd’hui », a déclaré dans un communiqué M. Zayas à l’occasion de la Journée internationale de la démocratie (15 septembre).

Cette année, le thème de la Journée est centré sur la démocratie et la prévention des conflits.

Le thème met en lumière la nécessité de renforcer les institutions démocratiques afin de promouvoir la paix et la stabilité.

Selon l’expert nommé par le Conseil de droits de l’homme des Nations Unies, une vraie démocratie exige de l’éducation, un l’accès à des sources d’information et d’opinion multiples et fiables, une consultation de bonne foi avec toutes les personnes affectées par les décisions et un débat ouvert sans intimidation, ostracisme et les contraintes du ‘politiquement correct’.

 

« Cela signifie combiner la règle de la majorité avec le respect des opinions minoritaires et la dignité humaine de tous », a-t-il précisé.

 

Les libertés d’expression et d’opinion doivent servir  et ne pas manipuler la démocratie

M. Zayas a rappelé qu’une vraie démocratie ne peut pas fonctionner correctement sans une presse pluraliste et libre, « mais les ‘fausses nouvelles’, les ‘manipulations’ et les campagnes axées étroitement sur les questions à la mode confondent et corrompent le processus démocratique ».

Pour l’expert, les gouvernements ne sont pas les seuls acteurs qui se livrent à la diffusion de fausses nouvelles, « des informations fausses ou délibérément divergentes ».

Le secteur privé, les médias d’entreprise et d’autres conglomérats participent également à ce type de diffusion.

« Bien que la liberté d’opinion et d’expression soit indispensable à une société démocratique, ces libertés doivent servir, ne pas manipuler, la démocratie », a dit M. Zayas.

« Ce qui est nécessaire, c’est l’accès libre à l’information et à l’opinion pluralistes, plutôt que des services d’actualités homologués qui se font écho les uns les autres et tentent d’imposer une version ‘politiquement correcte’ de la réalité.

Les médias ont la responsabilité de diffuser de l’information, sans supprimer de façon sélective les faits pertinents, ni forcer les faits dans une seule interprétation possible. La démocratie a besoin de services d’information alternatifs et d’une démocratisation générale des médias ».

La démocratie existe lorsqu’il existe une corrélation directe entre la volonté des gens et les politiques qui les affectent, estime l’expert.

 

« Cela exige plus que le vote périodique pro forma, en particulier étant donné que de tels exercices démontrent un manque de choix réel en termes de candidats et entraînent rarement un changement de politique ».

 

M. Zayas rappelle que la démocratie directe, participative et réactive, sous toutes ses formes, revêt une importance cruciale et doit être utilisée pour permettre aux gens de donner un consentement authentique, libre, préalable et éclairé avant que les gouvernements ne promulguent des décisions législatives et autres qui ont un impact sur leur vie.