Chammal : les Rafales Français appuient les troupes au sol dans la bataille de Tal Afar

Dans la nuit du 20 août dernier, le premier ministre Irakien Haider al-Abadi annonce le début de la bataille pour reprendre Tal Afar, dernier bastion de l’Etat Islamique depuis la libération de Mossoul. L’offensive est menée par les forces gouvernementales irakiennes et soutenue par la coalition dans le cadre de l’Opération Inherent Resolve (OIR), mobilisant une soixantaine de nations dans la lutte contre Daesh.

Présents au Levant depuis 2014, les Rafale de l’Armée de l’Air ont pris part à la bataille de Tal Afar afin de soutenir les actions des troupes irakiennes au sol, combattant pour la libération de cette ville de la province de Ninive en Irak, encore aux mains de l’Etat Islamique.

Au cours des derniers jours, les pilotes et les équipes de mise en œuvre des aéronefs Rafale ont débutés une période intensive de missions aériennes en appui des troupes au sol.

Au cours de ces missions, appelées missions CAS (Close Air Support), les Rafale intègrent le cortège des avions de la coalition qui se tiennent prêts à appuyer directement l’action des troupes au sol engagées contre Daech.

A la demande, et en respectant un processus de ciblage rigoureux et un contrôle national permanent, les aéronefs peuvent être amenés à conduire des frappes aériennes, à l’aide de bombes guidées laser ou GPS, afin de réduire les capacités de Daech et de faciliter la progression des troupes soutenues par la coalition.

De retour sur la base aérienne des Emirats-Arabes-Unis, ce jeudi 24 août 2017, les pilotes français se posent après de longues heures de vol au-dessus du désert et des combats. « Les missions durent en moyenne 7 h 30, mais cela dépend de quelle plateforme nous décollons », indique le commandant Matthieu commandant d’un escadron de chasse 3006 intégré à l’opération Chammal.

De retour de mission, après de nombreuses heures passées dans son cockpit, suivi d’un débriefing méticuleux récapitulant son vol, le commandant nous délivre ces précisions :

« Nous sommes partis à deux Rafale de notre plateforme des Emirats Arabes Unis, le Cne Romain, qui effectuait sa première mission CAS et moi-même. Il y avait également une patrouille de Rafale français qui a décollé de la base aérienne projetée du Levant.

 L’ensemble de la mission est planifiée et conduite par le CAOC (Combined Air and space Operations Center), le centre de commandement de la coalition qui se trouve au Qatar. »

Avant de « décrocher » de sa mission, le commandant Matthieu nous confie : « En trois ans de nombreux pilotes de Rafale ont servi sur l’Opération Chammal, tous quasiment, des plus anciens, aux jeunes pilotes, qui ont parfois fait leurs baptême du feu au Levant dans la lutte contre Daech ».

Sur le tarmac, autour des deux Rafale, les mécaniciens sont déjà à l’œuvre, les avions doivent-être reconfigurés. Les armuriers remontent déjà les bombes sur l’un des aéronefs.

Cette semaine, les pilotes français engagés au Levant ont effectués plusieurs frappes aériennes pour appuyer l’avancée des soldats irakiens sur Tal Afar. Là-bas, les combats se poursuivent, dans quelques heures, les chasseurs repartiront pour une nouvelle mission d’appui aérien.

Lancée depuis le 19 septembre 2014, l’opération Chammal représente la participation française à l’OIR (Opération Inherent Resolve) et mobilise aujourd’hui près de 1 200 militaires.

A la demande du gouvernement irakien et en coordination avec les alliés de la France présents dans la région, l’opération Chammal repose sur deux piliers complémentaires 

Un pilier « formation », au profit d’unités de sécurité nationales irakiennes et un pilier «  appui », consistant à soutenir l’action des forces locales engagées au sol contre Daech au travers de la Task Force Wagram et à frapper les capacités militaires du groupe terroriste à l’aide du système d’armes Rafale.