Le Bouthan : un pays peu connu dans L’ Himalaya

Situé dans l’Himalaya oriental entre les deux géants que sont la Chine (Tibet) et l’Inde, Druk Yul, le pays du Dragon-Tonnerre, ainsi que l’on désigne le Bhoutan, est presque entièrement montagneux. Peuplé majoritairement par des Bhotias, le Bhoutan est soucieux de préserver son environnement, sa culture et ses valeurs religieuses.

 

Le Bhoutan est resté fermé aux étrangers jusqu’en 1970. D’une superficie de 47 000 km² environ, il compterait aujourd’hui entre 1 million et 2,2 millions d’habitants, selon les sources consultées !

Le pays, aidé principalement par l’Inde et bénéficiant d’une aide étrangère importante, a amorcé son passage vers le XXIe siècle en mettant de l’avant une politique de modernisation qualifiée de « voie de développement mesuré ». Le Bhoutan veut relever le défi du développement en sauvegardant ses valeurs et son héritage culturel tout en préservant l’environnement. 

 

 

Le Bhoutan est habituellement divisé par les auteurs en trois grandes zones géographiques :

PLAINE DES DUARS
La plaine des Duars (Daurs) au sud du pays est une étroite bande de terre d’une quinzaine de kilomètres de largeur et d’une altitude d’environ 300 mètres. C’est une zone chaude et humide recouverte de forêts tropicales et de savanes dont la mise en valeur est amorcée.

MOYEN HIMALAYA
Au nord de cette étroite plaine, s’élève le Moyen Himalaya. Ces montagnes sont recouvertes de forêts denses et abritent des vallées fertiles au centre du pays.

GRAND HIMALAYA
Plus au nord encore s’élève le Grand Himalaya avec ses sommets recouverts de neige, ses pâturages alpins où broutent les yacks durant les mois d’été et dont la plus haute montagne, le Kula Kangri culmine à 7 554 mètres d’altitude formant frontière avec la Chine.

Société traditionnelle

Le petit royaume du Bhoutan a longtemps vécu replié sur lui-même. Avant 1960, il n’y avait pas de ville au Bhoutan. Depuis, des routes ont été construites et quelques villages sont devenus des centres urbains tels Thimphu (Thimbu) la capitale, Paro et Phuntsholing. La télévision n’est arrivée au Bhoutan qu’en 1999.

Le Bhoutan est une société essentiellement rurale. Près de 90% de la population pratiquent l’agriculture ou l’élevage. Les forêts sont abondantes et des mesures ont été prises pour les protéger. L’industrie a commencé à se développer dans le sud du pays et des voies commerciales ont été ouvertes, principalement avec l’Inde et le Bengladesh.

Transition démocratique

Situation pour le moins singulière, le Bhoutan a entamé son processus vers la démocratie en 2001 sous l’impulsion du roi Jigme Singye Wangchuck. Ce dernier, très populaire auprès de la population, a lui-même amorcé la transition pour transformer la monarchie absolue en monarchie constitutionnelle afin d’introduire la démocratie dans le pays. Il a abdiqué en décembre 2006 en faveur de son fils, Jigme Khesar Nagmyel Wangchuck, formé à Oxford, à qui il a demandé d’organiser des élections. Le Bhoutan est officiellement devenue une monarchie constitutionnelle avec l’élection d’une Assemblée nationale en mars 2008.

C’est l’ex-roi Jigme Singye Wangchuck qui a imaginé en 1974 une politique unique au monde s’appuyant sur le fameux concept du Bonheur national brut, visant à promouvoir l’idée que le bien-être des citoyens doit passer avant la croissance économique. Ce concept constitue depuis une sorte de cadre général pour toutes les politiques publiques du pays.

Ainsi, si le revenu moyen ne dépasse pas les 1 000 euros par an, les systèmes éducatif et de santé sont en revanche gratuits. La corruption n’existe quasiment pas, la qualité de l’administration est impressionnante, dit-on, et la préservation de l’environnement est une haute priorité nationale, dont l’Occident et les pays émergents de l’Asie auraient avantage à s’inspirer.