20 M€ de prêts bancaires frauduleux : une bande d’escrocs démantelée par les gendarmes normands

 

30 avril 2017

 

Une enquête de près de deux ans. Un préjudice estimé à 20 millions d’euros. 85 prêts bancaires immobiliers obtenus frauduleusement avec des complicités dans le milieu bancaire ou notarial. Des investissements en Turquie et à Dubaï. Une centaine de personnes physiques ou morales impliquées. Un notaire qui se suicide. Vingt-deux personnes placées en garde à vue le 25  avril…

Une enquête hors norme menée
par les gendarmes de Seine-Maritime

L’enquête est menée par la section de recherches de Rouen et le groupe d’intervention régional (GIR) de Rouen pour “pour blanchiment en bande organisée et obtention frauduleuse de prêts bancaires”.  

 

L’opération menée ce mardi 25 avril, avec l’appui du groupement de gendarmerie de Rouen, a abouti au placement en garde à vue de 22 personnes demeurant en Île-de-France, dans les Hauts-de-France et en Normandie.

Cette vague d’interpellations a mobilisé 45 enquêteurs, gendarmes, policiers et douaniers ainsi que des forces d’interventions spécialisées  : dix-sept OPJ de la SR de Rouen et seize OPJ du GIR, douze OPJ du groupement de Seine-Maritime, un peloton d’intervention de la Garde Républicaine, deux Psig et deux équipes cynophiles.

Parmi les personnes interpellées, une majorité des bénéficiaires des prêts frauduleux et d’autres issues du milieu bancaire et notarial qui ont facilité les opérations financières. Quatre d’entre elles ont été mises en examen et placées sous contrôle judiciaire.

Un contrôle routier à l’origine de l’enquête

Ces interpellations font suite à un contrôle routier qui a eu lieu près de Dieppe en novembre 2015. Ce jour-là, les douaniers saisissent une somme d’argent. Les gendarmes de la section de recherches de Rouen, saisis par un juge de Dieppe, mettent à jour un système de blanchiment d’argent issu de travail dissimulé.

Des investigations et la coopération avec l’URSSAF ont permis de découvrir une vaste organisation de blanchiment dépassant le cadre régional, entraînant la saisine de la Juridiction Inter-Régionale Spécialisée (JIRS) de Lille. L’URSSAF estime son préjudice à 3,4 millions d’euros.

En mai 2016, un des principaux notaires impliqués avait tragiquement mis fin à ses jours.

Les offices notariaux impliqués, situés en Ile-de-France et en Ile-et-Vilaine, percevaient des commissions sur les opérations frauduleuses.

Avant l’opération du 25 avril, dix personnes avaient déjà été mises en examen.

La captation d’avoirs criminels, réalisée en lien avec l’AGRASC (Agence de Gestion et de Recouvrement des Avoirs saisis et confisqués), avoisine d’ores et déjà 10 millions d’euros, essentiellement sous la forme de biens immobiliers acquis à travers les prêts frauduleusement accordés.

La destination des fonds varie selon les bénéficiaires : achat du bien immobilier visé par le prêt, de fonds de commerce, de licences de taxi, d’un bien immobilier distinct de celui visé par le prêt, investissement à l’étranger, en l’espèce en Turquie et à Dubaï.

L’enquête se poursuit.